Feu

Nathan mourut, mais les autres étaient vivants. Plusieurs heures plus tard, quand l’incendie fut éteint, une vingtaine de pompiers s’affairaient encore sur les lieux. Le doute planait sur les circonstances de l’incident.
La maison réduite en cendres fournirait des indices, sinon la solution de l’affaire à l‘inspecteur Gamache. En attendant, celui-ci flânait sur la route étroite qui longeait la rivière devant la maison détruite.
Exactement trois heures après son arrivée sur les lieux, l’inspecteur avait donné l’autorisation au personnel de la morgue de retirer le cadavre des décombres. Il y avait peu d’indices. Un accélérateur avait été utilisé pour propager le feu à toute la maison. Pour les détails concernant la mort de Nathan, l’inspecteur devrait attendre le rapport d’autopsie. La superficie entière du terrain était couverte de débris. La chaleur avait été tellement intense que les tuiles du toit avaient fondu.
Gamache connaissait Nathan depuis que le jeune homme était adolescent. L’inspecteur avait rencontré Nathan après que ce dernier eut acheté de l’alcool sans avoir l’âge réglementaire. Au poste, l’inspecteur, qui était agent à l’époque, avait discuté avec lui. Nathan était brillant, cela ne faisait aucun doute. Il prévoyait aller au collège à Montréal. La distance ne lui faisait pas peur. Le jeune homme n’avait pas voulu faire une bêtise à dessein, au contraire de ses frères qui eux, étaient reconnus pour prendre de la drogue et voler des voitures. Étonnant, se disait Gamache, qu’aucune affaire les concernant ne soit arrivée sur son bureau. À l’opposé de Nathan, aucun de ses frères n’avaient réussi. D’ailleurs, l’inspecteur suspectait les trois hommes qui allaient hériter de toute la fortune de Nathan. Un joli magot.
La déambulation de l’inspecteur Gamache l’avait mené à la gare. Nathan prenait le train chaque semaine pour aller à Montréal. L’inspecteur entra dans le petit édifice, regarda autour de lui. Il n’y avait rien à voir. Gamache ressortit sur le quai. Il constata, surpris, qu’il n’avait jamais pris le train puis, jeta un coup d’œil à sa droite. Il ne s’était pas trompé. Il s’agissait bien du bruit des roues sur les rails. Un train arrivait. Gamache s’approcha de l’extrémité du quai, souriant. Il s’aperçut qu’un véhicule se trouvait sur la route, à la croisée des rails. L’inspecteur cria mais aucun son ne franchit sa bouche. Le train percuta le véhicule, prit son envol. La locomotive, propulsée dans le ciel par une loi encore inconnue de la physique ou peut-être simplement par le repère de Frenet, cacha un instant le soleil. L’inspecteur ferma les yeux au moment où l’engin fondait sur lui.

15 Commentaires

  1. Voici quelques commentaires à chaud ! J’aime bien l’approche « enquête policière » qu’amène le texte, ainsi que le ton insidieux qui semble suggérer un coupable. Il me semble toutefois que les éléments descriptifs sont nombreux et que le retrait de certains détails rendrait le texte plus efficace. Espérant contribuer à la bonification du texte.

  2. Merci pour tes commentaires, Jean-François, je révise mon texte dans les prochains jours, et je vais porter attention aux détails.

  3. Bonjour Caroline !
    Merci pour cette bonne histoire qui se lit très bien ! Le fait que ton texte soit court et ta chute qui est très « punché » me plait beaucoup !
    Voici mes commentaires pour t’aider à l’améliorer :
    – Trois mots « obligés » me semblent un peu « collés » dans le texte, mais comme je l’écrivais à Jean-François, je pense que j’ai le radar un peu trop allumé à force d’avoir travaillé sur mon propre texte. Le premier est « vingtaine »… C’est un peu bizarre comme chiffre pour parler d’heures. Le second est « superficie » qui s’emploie il me semble davantage pour du terrain, une surface… Finalement, « aperçut » m’apparaît imprécis lorsque l’inspecteur réalise qu’il n’est jamais allé dans une gare. Mais… tu réutilise ce verbe dans le même paragraphe pour parler du véhicule sur les rails (ce qui est plus juste).
    En passant, j’ai réalisé en te lisant que j’avais presque le même début que toi… J’espère que ça ne te froisse pas : j’ai lu ta publication avant de rédiger la mienne et ça a probablement marqué mon inconscient ! ;)
    Bonne journée!
    France

  4. Merci France pour tes commentaires. J’ai bien hâte de lire ton texte!
    Et oui, je suis assez d’accord avec toi à propos des remarques que tu fais sur l’utilisation des mots.
    Effectivement superficie s’utilise pour une grande surface comme disons. le terrain de la maison.
    Et vingtaine s’utilise plus particulièrement avec des personne ou des objets tangibles d’après ce que j’en ai lu.
    Et pour apercevoir, la première utilisation que j’en fais, mes dictionnaires de synonymes n’ont pas été tendres avec moi, car je n’ai trouvé aucun mot qui représentait ce petit «pop» de la pensée quand quelque chose de pas très important, mais quand même digne d’une certaine attention surgit.
    Je m’aperçois que dans le cadre d’un thème ou d’un défi d’écriture, on fait vraiment ce qu’on peut avec ce qu’on a… de là toute la beauté de la chose!

  5. Ton histoire me semble bien mystérieuse même que je n’ai pas trop compris la fin mais je ne sais pas si c’est moi qui est trop bouchée ce matin ou quoi. J’avoue que jai dû la relire plusieurs fois. je t’envoie donc en vrac quelques questions ou remarques. Je me dis que si on est là pour nous entraider à retravailler nos textes si on en a envie bien sûr, autant être honnête et sans détour.

    1.Qu’est-ce que ça signifie que le véhicule soit sur la voie ferrée? Nathan n’était pas mort finalement? Comment ont-ils cru qu’il était mort alors. J’ai peut-être manqué un élément dans l’histoire.
    2. « Le train percuta le véhicule, prit son envol » (on dirait d’ailleurs qu’il manque un mot quelque part dans cette phrase.) C’est bien le véhicule qui s’envola? Je ne connais pas les règles de la physique mais je me demande si c’est vraimnet ça qui arrive quand une auto se fait frapper par un train. Mais ça peut être surréaliste
    3. Ensuite, « l’engin qui fondait (voulais-tu dire fonçait plutôt?) sur lui », est-ce sur l’inspecteur? Je ne vois pas dans ton récit comment il était positionné et surtout ce que ça entend dans l’histoire.
    4. Léger détail: « environ » est invariable à mon avis

    Alors bon travail dans l’ensemble. D’ordre générale je trouve que tous les participants ont une belle écriture et semblent bien intéressants (On est pas encore bcp mais j’espère que ça va grimper. Ma mère va justement se joindre à nous. Recrutez vos amis). Au plaisir Caroline.

  6. Je constate en lisant les autres commentaires que France semble avoir tout compris incluant la chute. Alors comme je disais, c’est peut-être moi le problème avec mes questions un peu terre à terre. Alors prends bien ce qui te conviendra dans mes commentaires. Mais si on veut écrire pour le commun des mortels, c’est pas mauvais d’avoir divers commentaires.

  7. Et voilà! Après avoir pris connaissance de vos commentaires, voici une nouvelle version de Feu. J’espère que les mots obligatoires sembleront moins «collés» France, et oui environ est effectivement invariable, Julie! et merci pour l’idée de la physique. Pour ce qui est du verbe «fondre» je me suis fiée au Larousse de poche : «6. se précipiter, s’abattre: l’épervier fond sur sa proie.», et j’en ai profité pour m’amuser un peu avec lui en l’incluant au début de l’histoire dans son sens premier. J’ai aussi coupé énormément de détails depuis la première version.
    À bientôt!

  8. Bravo France, pour ta réécriture. On dirait que tu as opté pour la version surréaliste mais pleinement assumée cette fois avec ce vol plâné de train. Ta nouvelle est maintenant complètement « flyé » si on peut dire ;o). Je m’étais dit un peu plus tôt après voir fait mon commentaire que j’avais sûrement confondu le train avec la voiture quand tu parlais d’engin. Mais cette fois-ci je constate que tu paralais réellement du train qui lui revola au visage. J’en aurai appris aussi sur le sens du mot « fondre ». C’est bien enrichissant tout ça.

  9. Je ne peux me retenir de me corriger car je n’aime pas laisser les erreurs de mon dernier message flotter ainsi dans le cyber-espace. C’est comme ça, j’assume mon obsession compulsive de m’auto-corriger :
    Uno: « Bravo Caroline » (Totalement désolée de la confusion avec France, pourtant, on est pas beaucoup de monde encore.)
    Deuxio: « flyée » (parlant de ta nouvelle bien sûr.)
    Tertio: tu « parlais » (et non « paralais », qui est un nouveau verbe pour dire se sationnner en parallèle comme tout le monde le sait.)
    Quatro: « cette fois-ci, je constate » (j’ajoute une virgule ici, connaissant maintenant ta virgulite, je sais que tu seras sensible à cette attention ;o)

  10. Oh non, j’ai vu une autre faute de frappe dans mon auto-correction (stationner), je n’aurai jamais fini alors. Ok je vais aller me faire soigner à la place. Bonne fin de journée à vous tous.

    Julie
    p.s.J’espère que je n’aurai pas fait de faute cette fois-là. Si je « chattais », je virerais complètement folle. Une chance que je n’ai pas 15 ans.

  11. Bonjour Julie, je ne devais pas être réveillée quand j’ai lu tes commentaires, car je n’avais même pas vu les fautes… (et entre toi et moi, quand je «chat», je ne me corrige pas, ça va beaucoup trop vite!!!). Merci de prendre soin de ma «virgulite». J’essaie de me soigner, mais c’est une maladie attrapée dans la petite enfance et injectée à grande dose de récitations de règles de grammaire par une bonne sœur qui était ma «maîtresse», c’est tout dire…
    Et merci!

  12. Il est temps que nous ayons de nouveaux membres qui se joignent à nous car si je continue à prendre un peu trop plaisir à faire des commentaires sur mes propres commentaires, je vais finir par m’auto-digérer et ça va dégénérer. :o) Et comme dirait Michèle, vivement le 1er octobre !

  13. Bonsoir Caroline, félicitations pour ton texte.
    J’ai bien aimé la description de scène de crime, avec beaucoup de détails intéressants sur la maison, la victime, ses relations, son histoire, ce qui a pour effet positif d’enrichir les personnages. Et ensuite, tu nous nous laisse en suspend, prenant en otage ton lecteur qui a hâte d’en savoir plus… Au moment même où on comprend qu’il y des suspects et que l’inspecteur doit poursuivre ses recherches, il se laisse distraire par une gâterie de se payer un voyage en train, pour paf, surprise, se prendre un train dans la gueule. Ça fesse fort. Encore félicitations. J’ai hâte de voir ton prochain texte.

  14. Ah ben Sylvain a tout compris lui! Il est plus vite que moi. Je croyais que celui qui n’avait jamais pris le train était Nathan, d’où ma confusion… Où était-il au juste ? Dans la voiture sur les rails ? Encore et encore du mystère… Peut-être que je me posais trop de questions. Mais c’est quand même bon de ne pas tout dévoiler parfois, de laisser travailler l’esprit du lecteur.

  15. @Sylvain-Aimé Merci beaucoup pour ton appréciation :) C’est certain que je participe au défi d’octobre et j’ai bien hâte de lire ton prochain texte aussi!!

    @Julie «Nathan prenait le train chaque semaine pour aller à Montréal.» Mon histoire raconte juste un «act of god», une situation impossible – dont les chances sont presque plus mince que de gagner à la loto – et qui se produit. Et je pense, mais c’est ma vision de la lecture, qu’il ne faut pas trop se poser de questions quand on lit une histoire, l’histoire parle pour elle-même, il faut juste l’écouter, ou la lire. ;-)

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