Combat pour rire ou pour mourir

Quand on  était « mourut », comme disaient les enfants de mon époque, nous n’étions pas vraiment morts. Nous étions même très vivants, puisqu’on passait des heures à jouer aux bandits et aux cowboys, nous la vingtaine de petits voisins regroupés dans la ruelle entre Berri et Lajeunesse.  Pas de doute, toutes les circonstances étaient bonnes pour s’amuser.  Même à l’école, quand par exemple, monsieur l’inspecteur venait nous visiter dans la classe, c’était énervant pour le professeur mais nous les enfants,  avions l’impression  qu’il flânait légèrement en nous questionnant et c’était drôle de réaliser que notre professeur se sentait évaluée à son tour, exactement comme nous l’étions nous-mêmes d’habitude.  De plus, nous savions d’avance la récompense qui nous attendait après avoir été de bons petits élèves modèles: congé de devoirs ce soir-là.  Pas de mathématiques, par de superficie à calculer, toute contrainte réglementaire  suspendue pour cette journée-là.  On parcourait alors joyeusement la distance qui nous séparait de l’école à la maison, dans le pur dessein de recommencer nos éternels combats, avec en tête d’être un jour élu le chef de la bande, si on avait réussi à s’imposer aux autres.  Gare à nous les petits batailleurs de l’époque, si nous allions en politique aujourd’hui, cette soif de pouvoir effrénée pourrait finir par nous faire perdre nos élections.  Parlez-en au Parti Québécois!

5 Commentaires

  1. Bonjour Michèle!
    Bravo pour ton esprit de concision et, franchement, je te félicite pour ta créativité qui nous amène à sortir de l’univers « meurtre et mystère » ! J’ai aimé ton écriture. C’est clair, coulant, imagé. Toutefois, puisqu’on est invités à faire des commentaires critiques, je vais aussi y aller de quelques points qui m’ont questionné. Tout d’abord, j’ai comme une impression de manque de direction à l’histoire, comme si ton texte faisait trop de détours. Malheureusement, je n’arrive pas à être plus précise que ça. L’autre chose, c’est le verbe flâner qui me semble « collé » là… Finalement, je pense que ta chute n’est pas une chute au sens où le défi l’entend. P.ê. peux-tu vérifier la chose, mais je pense qu’il s’agissait de créer un suspense… Voilà! En espérant que ces quelques commentaires t’aideront à améliorer ton texte. Encore bravo et bonne journée!

  2. Bonjour Michèle,
    mon commentaire rejoint celui de France, Le verbe «flâner» ne semble pas à sa place dans cette phrase, mais comme il fait partie du défi… et j’ ai senti que ton texte se relâchait dès la sortie de l’école (normal me diras-tu!), jusqu’à ta chute qui tient plus de la chronique que de la nouvelle. Ceci dit, ton texte est vraiment vivant, on se sent «dedans», on voit les ruelles et la salle de classe. Et oui, c’est agréable de lire un texte qui s’éloigne du meurtre et mystère!

  3. Merci de vos commentaires les filles, je vais y réfléchir. Cependant, je viens de relire les consignes et je ne vois nulle part l’obligation d’écrire une nouvelle avec une chute en forme de suspense. Alors, si ça semble une chronique avec une chute, comme quelque chose d’inattendu tout simplement, j’ai imaginé que je sortais un peu du style que vous aviez adopté jusqu’à maintenant. Il y a beaucoup de fantaisie dans vos histoires et c’est intéressant mais j’ai laissé ma plume aller dans un autre sens, juste pour voir.

  4. Hum… voilà un intéressant débat sur la définition de la chute. C’est vrai que dans les consignes de l’Entonnoir, la chute ne suggérait qu’un effet de surprise sans nécessairement créer un grand suspense. Ça appartient sans doute à chacun de dire s’il a été surpris de la finale ou non. Ceci dit, j’aime bien comme j’avais exprimé plus tôt que cet exercice de style nous pousse à diversifier les genres, alors je dis, à mon tour, chapeau pour ce point. Comme j’aime un peu trop jouer sur les mots, je ne peux m’empêcher de conclure ce commentaire en reprenant ta finale ma chère Michèle.

    Qu’est-ce que la chute? (Est-ce qu’il y a suspense ici? On retient notre souffle tout de même, mon coeur bat à tout rompre!) : « Parlez-en au Parti Québécois! »
    (Pour avoir l’effet de surprise: attendre aux prochaines élections…)

  5. C’est vrai que je ne m’attendais pas à trouver un si haut niveau de suspense avec mon texte, tout le Québec se pose la question sur l’avenir du Parti Québécois et de ses possibilités de gagner les prochaines élections à cause de ce combat de chefs potentiels. Le petit jeu d’écriture nous fait peut-être prendre des virages sur les capots de roue avec ces mots imposés mais suscite la créativité. Je ne « flâne pas trop sur mes lauriers » même si j’ai glissé dans une chute surprise mais qui me plaît bien et j’attends avec impatience le mois d’octobre pour replonger dans l’expérience.

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