La chaleur

la chaleur

C’est  la seule chose dont je me souviens clairement de cette nuit où tout a basculé.

Intense, lourde et étouffante, elle émanait de partout et de nulle par à la fois.

Je la ressentais, mais n’arrivais pas à la voir. Elle s’infiltrait par toutes les parties de mon corps, bousculant ma façon de respirer.

J’aurais dû fuir, m’éloigner à toute enjambée, partir dans l’autre sens, mais… j’ai avancé droit devant suivant le chemin du pont des quidams.

La chaleur

comme si elle m’attirait vers elle, m’hypnotisait l’âme tout entière, réduisant mon corps au rôle de simple serviteur.

Elle a réveillé mes pensées. Celles qui revenaient sans cesse depuis des années. Ces voix qui tourbillonnaient en moi , des vautours autour de mes idées. Mes démones intérieures comme j’avais l’habitude de les nommer.

Je m’écroule dans un ultime effort de résistance.

La chaleur

Je n’ai plus d’air, elle prend toute la place.  Mais que font ces gens derrière moi? Aidez-moi, je vous en supplie, je ne tiendrai pas.

Et ces voix qui se font de plus en plus pressantes. À force de les ignorer, elles semblent vouloir se venger. Elles sont plus nombreuses qu’avant, plus autoritaires, plus inhumaines. Je dois les éjecter de mon esprit. Prendre le dessus comme on dit

J’inspire, l’air chaud me brûle les poumons, et avec tout ce qui reste de moi, J’expire et je cri. Je cri. Je cri. je cri

La chaleur, la seule chose dont je me souviens clairement de cette nuit où j’ai basculé.

6 Commentaires

  1. Bienvenue parmi nous Sophie.

    Ton texte m’a donné le frisson. C’est que j’ai ressenti au fond de moi-même le désarroi que tu décris, en lisant tes lignes.

    J’ai trouvé plaisant cette interpellation des gens sur le pont, qu’on avait laissé dans l’ombre…

    Continues à miser sur cette formidable aptitude à transmettre aux autres la couleur des émotions!

    J’ai remarqué plusieurs coquilles mais j’imagine qu’il s’agit là d’une première version que tu comptais aller revoir dans les prochains jours.

    Heureux de te lire sur l’Entonnoir!

    1. Merci Jean-François!

      Je vais à la pêche à la coquille et paufinerai mon texte au fil des jours.

      J’avais envie de vous partager rapidement cette première version…avant que je change d’idée et que je refoule mes mots.

  2. Wow, très émouvant. En te lisant, on a l’impression de manquer d’air, d’étouffer, et de vouloir aller lui porter secours… très réussi !! XX Mathieu

  3. Allô Sophie :) Ton texte m’a beaucoup touché. J’ai été particulièrement émue en lisant cette phrase: »avec tout ce qui reste de moi, J’expire et je cri. Je cri. Je cri. je cri. » Avec tout ce qui reste de moi… c’est beau!

  4. Jean Robert Bourdage · · Réponse

    Bravo. Belle introspection. Très touchante.

    La seconde phrase me semble un peu superflue, mais c’est uniquement mon goût personnel. Ou peut-être la ramener juste avant la dernière.

  5. Je te souhaite la bienvenue toi aussi Sophie! J’adore comment tu as utilisé l’image proposée pour rentrer ses couleurs à l’intérieur du personnage, à l’intérieur de nous. On dirait qu’on la ressent cette chaleur aliénante. Bravo! Je suis encore une fois fascinée par la diversité des textes, particulièrement en cet exercice de décembre. Et les nouveaux participants comme toi, apporte de l’eau au moulin.

    Pour ton info, j’ai identifié à première vue quelques-unes des coquilles: 2e ligne: « nulle par(t) à la fois ». Avant dernière ligne « je cri(e), etc… » les 2 avant dernières lignes semblent manquer de point final, à moins que ce soit une question de style comme pour « La chaleur ».

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