Gris-bleu

vangogh-chambre1Dire que j’étais venu à la campagne pour prendre l’air. Me remplir les poumons d’air frais, me noyer les yeux de verdure, de ciels bleus et de couchers de soleil flamboyants.

Depuis trois jours, c’est la grisaille, il ne fait que pleuvoir, avec cette pluie qui martèle sans cesses le toit ardoise de l’établissement. Le ciel grisâtre que j’aperçois par la fenêtre ne me donne pas envi de mettre le nez dehors.

Dehors, c’est morne, le lac gris perle est sans vie, il n’y a rien à faire. J’ai fait trois fois le tour de l’auberge aux parois cendrées et, franchement, quand on a vu un arbre, on les a tous vus. Sans compter le nuage noir de moustiques qui vous tourne autour de la tête.

Plutôt que le dépaysement des vacances à la campagne que mon médecin m’avait prescris, je ne suis jamais autant ennuyé. Je suis assis sur le lit depuis mon arrivée à l’auberge à regarder la pièce.

Pourtant…

Ici, je me sens mieux, je me sens bleu. Les murs me rappellent la lumière bleutée de la ville. Le plancher évoque la brique rouge des bâtiments de ma rue. Le vert des draps me fait penser aux toitures de la ville. Me regardant le teint dans le petit miroir de la chambre, je me dis qu’il est grand temps que je retourne chez moi.

un commentaire

  1. Bravo Jean-François pour ton texte imagé. J’aime beaucoup comment tu as su intégrer les couleurs sous toutes leurs formes. Et l’ironie du citadin face à la maudite campagne me fait bien sourire.

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