Absence.

Maintenant sur un lit trop gros, je ne comprends pas ce qui vient de m’arriver même si je savais qu’il se passerait quelque chose d’important. C’est la fenêtre. La fenêtre qui m’a aspiré, j’en suis certaine. Me voilà arrivée dans un monde flottant où tout est distorsion et angoisse. L’équilibre de la pièce est perturbée par des couleurs d’apparence râpeuses, voir même,  incertaines par leur densité. Une porte bleue royale au bout du lit me surveille comme un soldat et les murs, de même teinte mais plus pâles, délavés et craintifs, essaient de supporter des cadres qui veulent s’enfuir. Le rouge vif et fier de l’édredon sur lequel je suis assise accompagne bien l’ocre riche et lumineux du lit. Une commode et deux chaises un peu trop imposantes semblent vouloir me demander d’une façon presque menaçante,  ce que je suis venue faire ici. Mais la porte devant moi me fait frissonner : je dois me lever. Voilà que je marche de long en large. La fenêtre. La fenêtre m’invite à l’ouvrir mais, cette fois-ci, pour retourner chez moi car l’atmosphère veut m’ensevelir. Je dois fuir cette étrange pièce mouvementée où  la lumière sans direction a chassé les ombrages pour mettre tout en suspend. Je ne veux pas glisser vers l’inconnu alors… j’ouvre la fenêtre et me laisse encore une fois transporter. Et demain, que m’aura appris ce voyage ?

5 Commentaires

  1. J’ai relu ton texte encore ce matin et voilà que je le redécouvre. À première vue, ce qui m’avait frappé était l’idée d’un suicide par la fenêtre. Mais en relisant, j’aime particulièrement comment les objets parlent à la narratrice qui est peut-être davantage dans un délire onirique. L’a-t-elle fait réellement? On ne le sait pas. Et j’adore ta dernière phrase qui justement crée le mystère autour de ce fameux voyage. J’aurais une suggestion toute simple. Si tu faisais quelques espacements entre les phrases, il me semble que ça ferait respirer ton récit. Merci pour ton écriture bien inspirante.

    1. Wow merci ! Et bien c’est un rêve, mais c’est vrai que ça sonne suicide. Et je vais suivre ta suggestion. J’aime beaucoup ce site, je n’écris presque mais ici, je sens une motivation !

  2. Bravo et bienvenue dans le groupe de 14 auteurs. La phrase disant « Maintenant sur un lit trop gros »me fait imaginer le reste des meubles trop gros. Lui tout petit et menacé par son délire ou la réalité. On ne sait plus. Aussi, je me permets une suggestion : si l’objectif n’est pas de suggérer un suicide, remplace le mot « fenêtre » par « porte » ce qui enlèvera le doute qui s’installe dans la tête du lecteur. La fenêtre l’appelle à l’extérieur… mais c’est la porte qui le mènerait à l’extérieur. Sinon, bien heureux de lire un nouveau talent dans l’Entonnoir.

  3. Je prend note. J’ai aussi eu ce commentaire d’un ami. Et j’ai déjà hâte de voir le prochain défi !

  4. Super, je suis content de voir que tu as attrapé la piqûre de l’Entonnoir. J’aime beaucoup l’idée de relever un défi. Je vois que toi aussi. C’est stimulant pour plusieurs que d’avoir une ou quelques contraintes. Au plaisir de lire ton prochain texte !!!

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