Le sabre-briquet et le revolver

France, Auvers-sur-Oise, 27 juillet 1890, 15 heures, 37 ans.

Les champs de blé jaune et la dernière toile. Il a pris le revolver froid au lieu du pinceau. Le revolver et le coeur chaud. Hésite. Évite. Se rate le coeur. Le coeur en sanglots. Des larmes de sang. Sans effort le sang s’écoulant. Sans conscience, il perd le sens de l’essentiel. Deux jours plus tard, à son chevet, son frère Théo le voit s’éteindre au bout de ses forces.

 

NOIR.

 

Pays-Bas, Groot-Zundert, 30 mars 1853.

Un premier souffle. Un premier cri. D’une famille issue de la vieille bourgeoisie. Une enfance pourtant simple dans une famille laborieuse.

 

Pays-Bas, Zevenbergen, 1er octobre 1864, 11 ans.

Il va vivre à l’internat. Il y apprend entre autres le français, l’anglais et l’allemand. Un enfant sérieux, silencieux et pensif.

 

Pays-Bas, La Haye, 30 juillet 1869, 16 ans.

Une adolescence pour devenir marchand d’art. Apprenti chez Goupil & Cie. Un métier qui invite aux voyages. Des tableaux de peintres aux quatre vents.

 

Pays-Bas, Amsterdam, mai 1877, 24 ans.

L’art n’est plus une marchandise pour lui. Égarement. Refus. Changement de projets de vie. Une peine d’amour. Un appel intérieur à la religion. En mai, il entre en théologie à l’université. Échec aux examens de théologie.

 

Belgique, Bruxelles, 15 décembre 1880, 27 ans.

Le temps est au gris. La brume blanchit la vie. Il n’aura pas été vendeur d’art aux milles teintes. Il n’aura pas été pasteur ou évangéliste. Il se prendra alors pour un jeune peintre. Il verra maintenant la vie en couleurs. Il entre à l’Académie des Beaux-Arts.

 

Pays Bas, Etten, 25 décembre 1886, 33 ans.

Idées noires. Il a une profonde dépression. À Noël, ses parents sont inquiets. Le corps attaqué. La vie bascule. Il voit rouge. Maladies et remèdes, folies et évasions, douleurs et soulagements, corps et absinthe. Pour être normal, pour être bien, il consomme drogues et médicaments douteux. Des effets secondaires malicieux. Il voit jaune. En teintes et en nuances, sa vie se verra désormais dans un halo. Ses toiles en témoigne par la suite.

 

Deuxième reproduction, 1889

France, Arles, 23 décembre 1888, 35 ans.

La maison jaune. La chambre à coucher à Arles. Deux hommes. Paul Gauguin et Vincent Van Gogh. Deux peintres aux personnalités colorées. Deux talents énormes. Deux amis. Deux amants. Éclats de rires et de verres. De la fumée, des vapeurs d’alcools et d’absinthe. La pénombre et les ombres croisées par l’effet des multiples chandelles qui illuminent la chambre. Crises de rires et de nerfs. Éclats de cris et folie passagère. Un reproche. Un conflit. Un amour impossible. Cachette. La menace au rasoir de Van Gogh. La défense de Gauguin au sabre-briquet. Un débat. Un combat. Un geste de trop. Un rouge vif giclant. Une oreille de moins. Le sabre-briquet de Gauguin et l’oreille de Van Gogh. Les cris. La douleur. La peur. La fuite. Le douloureux silence. La plaie béante. Le coton au sang brunit. L’oreille dans sa main, il s’endort.

 

Ailleurs. Éternité. 37 ans.

BANG! La folie s’éveille dans ses rêves ou sa réalité ? Les idées se bousculent comme si on arrivait à la fin de quelque chose. Une toile. Un champs. Un soleil radieux. Des idées noires. Des idées tordues. Un corps qui l’abandonne par l’entremise de l’esprit. Intangible équilibre de l’esprit. Incompréhensible esprit. Un appel intérieur d’un désespoir maladif. Un revolver. Un coeur. Une peur. Un trou grave mais pas fatal. Une lente agonie. Quelques adieux au chevet de son lit. Un dernier souffle.

 

NOIR.

 

Le voilà dorénavant ailleurs, imprégné dans chaque coup de pinceau de son legs.

 

 

[592 mots]

[Ce qui suit est une zone de brouillon] : Pour la version finale, après discussions et réflexions, j’ai opté pour mettre la fin au début. Puis, après le premier NOIR, pour revoir sa vie défiler avec lui de sa naissance jusqu’à sa mort. J’ai aussi découpé sa vie en plusieurs fragments supplémentaires.

 

DÉBUT DU BROUILLON VERSION # 2

Belgique, Bruxelles, 15 décembre 1880, 27 ans.

Le temps est au gris. La brume blanchit la vie. Il n’aura pas été vendeur de tableaux (colorés) (aux milles teintes) comme son père et son grand-père. Il n’aura pas été pasteur ou évangéliste par échec scolaire. Il se prendra alors pour un jeune peintre. Il verra maintenant la vie en couleurs. Il entre à l’Académie des Beaux-Arts.

Pays Bas, Etten, 25 décembre 1886, 33 ans.

Idées noires. Il a une profonde dépression. À Noël, ses parents sont inquiets. Le corps attaqué. La vie bascule. Il voit rouge. Maladies et remèdes, folies et évasions, douleurs et soulagements, corps et absinthe. Pour être normal, pour être bien, il consomme drogues et médicaments douteux. Des effets secondaires malicieux. Il voit jaune. En teintes et en nuances, sa vie se verra désormais dans un halo. Ses toiles en témoigne par la suite.

Deuxième reproduction, 1889

France, Arles, 23 décembre 1888, 35 ans.

La maison jaune. La chambre à coucher à Arles. Deux hommes. Paul Gauguin et Vincent Van Gogh. Deux peintres aux personnalités colorées. Deux talents énormes. Deux amis. Deux amants. Éclats de rires et de verres. De la fumée, des vapeurs d’alcools et d’absinthe. La pénombre et les ombres croisées par l’effet des multiples chandelles qui illuminent la chambre. Crises de rires et de nerfs. Éclats de cris et folie passagère. Un reproche. Un conflit. Un amour impossible. Cachette. La menace au rasoir de Van Gogh. La défense de Gauguin au sabre-briquet. Un débat. Un combat. Un geste de trop. Un rouge vif giclant. Une oreille de moins. Le sabre-briquet de Gauguin et l’oreille de Van Gogh. Les cris. La douleur. La peur. La fuite. Le douloureux silence. La plaie béante. Le coton au sang brunit. L’oreille dans sa main, il s’endort.

France, Auvers-sur-Oise, 27 juillet 1890, 15 heures, 37 ans.

Les champs jaunes de blé et la dernière toile. Il a pris le revolver froid au lieu de son pinceau. Le revolver et le coeur chaud. Hésite. Évite. Se rate le coeur. Le coeur en sanglots. Des larmes de sang. Sans effort le sang s’écoulant. Sans conscience, il perd le sens de l’essentiel. Deux jours plus tard, à son chevet, son frère Théo le voit s’éteindre au bout de ses forces.

Noir.

[375 mots]

FIN DU BROUILLON VERSION # 2

Voici donc la version en couleurs de mon texte, qui est une des contraintes du défi d’écriture de février. La version #1 a été écrite sans en tenir compte. J’ai mis en caractères gars les principales modifications et ajouts au premier brouillon.

DÉBUT DU BROUILLON VERSION # 1

Belgique, Bruxelles, 15 décembre 1880, 27 ans.

Il n’aura pas été vendeur de tableaux comme son père et son grand-père. Il n’aura pas été pasteur ou évangéliste par échec scolaire. Il se prendra alors pour un jeune peintre. Il entre à l’Académie des Beaux-Arts.

Pays Bas, Etten, 25 décembre 1886, 33 ans.

Il a une profonde dépression. À Noël, ses parents sont inquiets. Le corps attaqué. La vie bascule. Maladies et remèdes, folies et évasions, douleurs et soulagements, corps et absinthe.

Deuxième reproduction, 1889

France, Arles, 23 décembre 1888, 35 ans.

La maison jaune. La chambre à coucher à Arles. Deux hommes. Paul Gauguin et Vincent Van Gogh. Deux peintres. Deux talents énormes. Deux amis. Deux amants. Éclats de rires et de verres. De la fumée, des vapeurs d’alcools et d’absinthe. Crises de rires et de nerfs. Éclats de cris et de folie passagère. Un reproche. Un conflit. Un amour impossible. Cachette. La menace au rasoir de Van Gogh. La défense de Gauguin au sabre-briquet. Un débat. Un combat. Un geste de trop. Une oreille de moins. Le sabre de Gauguin et l’oreille de Van Gogh. Les cris. La douleur. La peur. La fuite. Le douleureux silence. La plaie béante. L’oreille dans sa main, il s’endort.

France, Auvers-sur-Oise, 27 juillet 1890, 15 heures, 37 ans.

Le champ de blé et la dernière toile. Il a pris le revolver au lieu de son pinceau. Le revolver et le coeur. Hésite. Évite. Se rate le coeur. Le coeur en sanglots. Des larmes de sang. Sans effort le sang s’écoulant. Sans conscience, il perd le sens de l’essentiel. Il meurt au bout de son sang deux jours plus tard.

Noir.

[274 mots]

FIN DU BROUILLON VERSION # 1

Ce texte répondait au défi d’écriture suivant : https://lentonnoir.wordpress.com/2013/02/01/defi-fevrier-2013/

Il est inspiré de faits vécus. Certains de ces faits historiques faisant même objets de controverses. Toujours intéressant dans ce temps-là.

J’ai aussi noté après relecture, que j’avais carrément oublié d’inclure l’élément « couleurs vives » du style de la toile du peintre Van Gogh. Critère imposé par le défi de février 2013. À suivre…

3 Commentaires

  1. Wow! Du punch, du rythme, de la douceur, de la douleur, de la folie…

  2. Merci Sylvain pour nous ramener à Van Gogh pour mieux comprendre ce qui se cache derrière cette chambre si mystérieuse que nous avons tous scrutée à la loupe. Elle a tant de choses à dire cette chambre. J’aime tes phrases hachurées. Continue tu es sur une bonne lancée et j’imagine qu’en intégrant les couleurs, ça apportera une touche plus personnelle à ton interprétation des faits.

    Je dois dire que je suis impressionnée par la qualité et la diversité des textes que cette oeuvre nous a fait pondre. Si on a d’autres défis aussi inspirants, je prédis une longue vie à l’Entonnoir.

  3. Beau travail de recherche… Style saccadé vraiment intéressant… Une touche de couleur et ça fera un beau tableau!

Votre commentaire

Choisissez une méthode de connexion pour poster votre commentaire:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :