Be-bop a Lula, she’s my baby….

Je barbotais, bien bizarrement dans un bain de bitume d’une tonalité bleuâtre lorsqu’un blanc-bec, du plus bel acabit, me tint à peu près ce langage :

– Belle bohémienne, ta blondeur étrangère à ton pays natal de Bulgarie, me bombarde de signaux bizarres propices au badinage. Ne serais-tu pas, par le plus grand des hasards, une albinos d’Albanie ? Ou encore une babylonienne en mal de banalités ?

Pas dérangée par sa bafouille plutôt alambiquée, je continuais à nager la brasse d’un air buté mais avec un je-ne-sais-quoi de digne et de princier.

Pour tout dire , je n’attachais pas plus d’importance à ce butor qu’à un bug, une illusion, un mirage !

Mais le bavard continua ainsi :

-Hé Baby, si ton ramage est aussi surprenant que ton image, je tiens en ta personne ma nouvelle égérie. Tu seras la bayadère de mon prochain spectacle. Mon bengali béni, ma bergeronnette en bikini, mon biscuit byzantin que dis-je, tu seras ma biche bucolique…

Le bellâtre me tenait des propos que même un bulletin électoral n’oserait pas afficher ! Il espérait sans doute m’embobiner mais je n’étais pas née de la dernière pluie et il fallait plus de bruit pour m’abasourdir.

Je ne briguais pas particulièrement les honneurs de la scène mais un beau butin, n’était pas pour me déplaire. Je remis donc mon bustier, agrafais mes bretelles et ajustais mes breloques pour brandir sous son museau de brindezingue mon brasillant bercale.

Il me brailla quelques bravos, qui bourdonnèrent à mes oreilles comme autant de bonus et d’honnêtes bénéfices. Je me voyais brusquement en haut de l’affiche, mon nom en grandes lettres « bouton d’or » illuminant la bureaucratie de ma vie de buandière. J’étais dans une bulle, un brouillard divin, une brûlante perspective de bamboche facile et de blé perpétuel.

Il dû le voir sur ma bobine car il accentua ses cabrioles.

Je ployais bientôt sous ses blandices qu’un ou deux verres de Brouilly blindèrent : je voyais la vie en rose et l’avenir m’éblouissait. Bref, je cédais aux vues de ce boa et à ses bobards bouillonnants; je signais un contrat en béton et devenais ainsi le bijou de ce bipède baratineur de génie et bourreau des cœurs !

3 Commentaires

  1. Ah comme j’aime ton style jazzé Anélias!! Déjà juste le titre m’avait accroché. J’aime l’impertinence si bien tournée. Je réclame haut et fort au grand Master de consercer ce texte de défi de mars quoiqu’impertinnement en retard de 11 jours. Il existe, on ne peut plus s’en passer. Et quitte à créer un précédent, pour ma part je ne m’en plaindrai pas.

  2. Mais pourquoi je dis 11 jours en retard? Premio, on est que le 3 avril et deuxio, il est daté du 11 mars. Alors je ne l’avais pas vu ou je ne sais comment il est atterrit là par miracle et c’est le dernier de mes soucis. Bravissimo!

  3. Merci pour ce bel enthousiasme ! est-ce un effet d’avril et de ses malicieux poissons du 1er…mystère et boule de gomme !

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