Marianne

De bon matin, Marianne s’en va-t-au moulin pour y faire moudre son grain. Plusieurs heures plus tard, comme elle ne revient pas, sa sœur Jeannette s’inquiète et se rend elle-même au moulin. Comme souvent, les ailes du moulin tournent à une vitesse folle.

« Meunier, tu dors, ton moulin va trop vite ». Le meunier émerge de son lourd sommeil aviné, s’occupe de son moulin tout en expliquant à Jeannette qu’il n’a pas vu Marianne. Jeannette est maintenant folle d’inquiétude et se rend au commissariat afin de prévenir la police. L’enquêteur Malbrough l’écoute attentivement puis il lui dit :

« Ne pleure pas, Jeannette. Je te promets que je retrouverai ta sœur ». Et Malbrough s’en va-t-en guerre, bien décidé à retrouver la disparue. Malbrough débute son enquête par l’église, située sur le chemin emprunté par Marianne.

« Frère Jacques? Frères Jacques? Dormez-vous? ». Frère Jacques sort de sa léthargie et mentionne qu’il a en effet aperçu Marianne en compagnie du plus jeune des fils Rousselle.

Malbrough doit donc trouver ce dernier. Il est un peu contrarié : le cadet Rousselle a trois maisons. Il espère le trouver dans la première. Mais bien sûr, comme ce qu’on cherche est toujours dans la dernière poche, il trouve Rousselle dans la troisième. Celui-ci admet avoir fait un bout de chemin avec Marianne, jusqu’à ce qu’ils rencontrent la Mère Michel : ayant encore perdu son chat, elle lui a demandé de l’aide. Comme toujours, et tel que le Père Lustucru l’avait prédit, son chat n’était pas perdu mais simplement enfermé par mégarde dans l’armoire…

La Mère Michel confirme le récit de Rousselle (y compris la répétition de la trouvaille de son cher chat). Marianne lui a même demandé :

« Savez-vous planter des choux ? Ma sœur et moi aurions besoin de votre aide. » La bonne Mère Michel lui a promis de leur rendre visite plus tard dans la journée.

La nuit est tombée, et réunis à la claire fontaine, les habitants du village discutent de la disparition de Marianne. Puis coup de théâtre, Marianne apparaît soudain au clair de la lune. Elle n’a rien (même plus son grain, qu’elle devait aller faire moudre…). Chacun est bien heureux de ce dénouement. Mais chacun veut également connaître la raison de sa disparition temporaire.

Marianne raconte alors son récit :

– Voulant prendre un raccourci, j’ai piqué par la forêt. Et là, j’ai rencontré un homme qui m’a dit « J’ai du bon tabac, en veux-tu? ». J’ai accepté et j’ai fumé avec lui. Je me sentais toute bizarre. J’ai couru après une bergère pour lui dire « Il pleut, il pleut bergère, rentre tes blancs moutons », et comme vous le savez, il n’a pas plu de la journée. Et d’ailleurs, j’ai confondu la bergère et ses moutons avec un furet. J’ai voulu le poursuivre pour arrêter sa chasse à l’alouette, mais il court, il court le furet! Lorsqu’il a bondi, j’ai bien cru l’attraper à la volette, malheureusement pour l’alouette, il a réussi à m’échapper. Après toute cette course folle, je me suis rendue compte que je n’étais pas perdue que dans ma tête. J’ai marché longtemps, j’ai passé sur le Pont d’Avignon, et finalement, en passant par la Lorraine, j’ai rencontré trois jeunes tambours qui m’ont aidée à retrouver mon chemin.

Sa sœur Jeannette s’étant fait un sang d’encre toute la journée lui dit « ma sœur, nous n’irons plus au bois, il s’y passe des choses trop étranges. »

7 Commentaires

  1. J’adore cette fable à la fois enfantine et si adulte! Bravo!

  2. Émilie Rochette-Jalbert · · Réponse

    Vraiment très original! La structure de ton texte est très bonne malgré le défi. Un plaisir!

  3. Bravissimo chère Évelyne chère Évelyne! (dommage que tu ne t’appelles pas Élise, j’aurais été dans le ton.) Franchement, tu m’épates en relevant le défi si brillament tout en rendant hommage à nos comptines d’antan. Tu as enfin levé le voile sur les mystères des ces contes parfois farfelus. On sait maintenant ce qui s’est réellement passé dans cet univers débridé des héros de notre enfance.

  4. Absolument réjouissant! Un travail colossale pour un résultat succulent! Bravo Evelyne!

  5. Excellent ce remixe de contines qui sonnent comme une jolie ritournelle à la lecture.

  6. Merci à tous pour vos beaux commentaires. Au départ, je voulais faire une histoire morbide, avec un meurtre sanglant, mais malgré toutes les séries policières que j’écoute à la télé et que je lis, je n’y suis pas arrivée. Il faut croire que ce n’est pas mon style! Il me semble que ça aurait été un contraste intéressant de mêler des chansons enfantines dans une histoire sordide.

  7. Quant à moi Évelyne, j’aime bien que tu laisses aller ta plume où elle veut, ça te réussis parfaitement. Tout ce que tu as écrit jusqu’à maintenant est très agréable à lire, tu as un beau style, j’espère que tu vas continuer.

Votre commentaire

Choisissez une méthode de connexion pour poster votre commentaire:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :