Coeur emprisonné

Suzanne,

Je te laisserai des mots sur ta table de chevet comme on lance une bouteille à la mer, demain matin, pour que mon départ ne soit pas vide. Pour que tu ne crois que c’était juste une aventure.

Les gens qui doutent n’ont jamais la prétention d’atteindre le bonheur. Cette lutte continuelle, cette recherche incessante, inassouvie, nous maintient toujours en vie.

Je sais que le baiser que tu m’offres à l’instant présent me fera tomber en pleine face dès que je me relèverai de l’instant aimé.

Suzanne, tu n’es pas une sorcière comme les autres. Tu es l’engeôlière qui pourrait capturer mon cœur. Mon coeur prisonnier de sa liberté.

Pendant que les champs brûlent dans ce lit trop chaud, moi je me carbure, je me fonds, je me dissous, je me consume sous ton corps à la fois de paille et de feu. Je dois m’extirper, me jeter dans une douche de glace avant de disparaître dans tes caresses ardentes, ensorcelantes.

Notre amour est-il fatal comme celui de Marilyn et John? Toi la star qui brille puis qui s’éteint seule dans son bain. Moi le président qu’on admire puis qu’on abat devant la foule.

J’ai trop peur, j’ai trop mal, j’ai trop peur d’avoir mal, j’ai trop peur de te faire mal. J’ai un mal de peur, j’ai un mal de coeur. Je m’en vais, je m’en viens, je m’en vais.

Suzanne, je rêve que tu t’éveilles en murmurant : « j’ai rencontré l’homme de ma vie, il s’est enfui en me laissant un bouquet au cœur ».

11 Commentaires

  1. J’adore! Wow!
    Pendant que les champs brûlent dans ce lit trop chaud…

  2. Merci Noémie. Venant de ta part, ça me fait vraiment plaisir.

  3. Rencontrer l’homme de sa vie en jetant une bouteille à la mer… le Rêve !

    1. Je suis contente de te faire rêver Véronique mais sans vouloir te désillusionner, en fait c’est l’amant qui envoie sa lettre d’adieu comme une bouteille à la mer et qui rêve tout de même d’être l’homme de sa vie. Un peu paradoxal à bien y penser. ;-) Merci de tes commentaires.

    2. Ben voilà… je suis là à relire ton texte et à chasser mes projections… Au final, (et c’est ce qui est bien), je ne l’en trouve que plus beau !

    3. Merci encore pour ta relecture. Mais pour ce qui est des projections, je crois qu’on le fait tous en s’appropriant les mots des autres comme nous le faisons actuellement. Et comme j’ai déjà entendu un professeur en organisation spatiale, lorsqu’on offre une oeuvre au public, elle ne nous appartient plus. L’interprétation appartient alors à celui qui la perçoit.

  4. Wow! Ton défi de ce mois-ci t’a amené dans un sentier poétique et différent de ton style habituel, il me semble. J’aime beaucoup ce texte touchant et ton choix d’aller vers des chansons de Jorane, qui me rappelle un des plus beaux spectacles que j’ai vu, grâce à toi.

    1. Merci pour ton gentil mot. Je savais que toi, du moins, tu découvrirais bien vite la source de mon inspiration. C’est en effet du 100% Jorane. J’ai fini par décider de prendre tous les titres de son album que j’ai tant écouté en boucle pendant 2 ans au moins et dont j’avais tant aimé le spectale intimiste auquel nous avions assisté. Mais j’ai aussi intégrés quelques titres de son plus récent albulm de 2012 dont j’ai seulement écouté quelques extraits sur Internet. Je ne comprends pas pourquoi je n’ai pas déjà courru me l’acheter d’ailleurs.

      Ceci dit, c’est vrai qu’elle m’a amenée sur un sentier plus poétique que mon style habituel et ça m’a emballé de l’écrire. Je me disais qu’on pourrait faire l’exercice avec les titres de divers albums qu’on aime. Ça nous permet de dévoiler l’ambiance générale qui s’en dégage ou plutôt, ce qui nous touche et qu’on retient chacun d’une oeuvre. Dans celui-là, on dirait que c’est l’Engeôlière de Richard Desjardins qui m’a le plus inspirée dans mon histoire. Mais en relisant les mots de cette chanson, je trouve qu’elle est d’une poésie difficile à accoter. Mais il ne faut surtout pas s’empêcher d’écrire en se comparant aux maîtres de l’écriture. Vaut mieux s’en inspirer pour ensuite trouver notre propre voie. J’avais d’abord appelé mon texte Coeur vagabond pour me rendre compte que c’était une chanson de Bia. J’ai donc changé les mots pour mieux personnaliser mon sujet et même si j’aime également Bia, je voulais respecter mon concept pour rester dans l’univers de Jorane. Ah que j’aime cette fille, il faudrait bien un jour que je lui dise.

      Je me demande si on a le droit de faire un commentaire sur son propre texte presque plus long que le texte en question. ;-) (clin d’oeil à moi-même)

  5. super beau texte ma soeur!

    1. Merci ma soeur! (On peut dire qu’on est assez transparent sur les liens familiaux qui règnent parmi nos supporteurs.)

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