L’écureuil et le hibou

Il était une fois un jeune écureuil qui raffolait des noisettes.

Les joues bien remplies, il prit son élan et bondit sur la première branche du premier arbre venu.

Hiiiiiiiiii ! Il stoppa net et recracha toute sa récolte.

– Hooooou! Attention petit poilu, conspua celui qui dormait sur sa branche.

– Je suis Bhou le hibou. Et toi, qui es-tu ? Que veux-tu ? rajouta-t-il.

– Je suis Clic l’écureuil, et ce que je veux? Euh, j’ai toujours voulu travailler pour le roi, déclara le petit intrus.

– Prends garde des rois et des seigneurs, répliqua le hibou. Ils sont gourmands de pouvoir à dire et à faire ce qu’ils veulent au nom de la multitude.

 

– Alors, j’ai une autre idée. Je pourrais travailler dans une banque, proposa l’écureuil.

– Prends aussi garde des banquiers, râla Bhou le hibou. Ils sont gourmands de pouvoir à donner et à refuser de l’argent à qui ils veulent, prévint le vieux sage.

 

– Alors, je pourrais devenir moine et travailler pour le pape, se résigna l’écureuil.

– Prends garde des curés et des papes, s’énerva le hibou bougon. Ils sont gourmands de pouvoir à décider de l’entrée du Ciel ou de l’enfer, dénonça l’oiseau malcommode.

– De qui d’autre dois-je encore me méfier ?, inquisitionna l’écureuil.

– De toi!, répondit lourdement le blanc hibou. Prends garde de ta naïveté, de ton ignorance du monde et de ta servitude envers tes maîtres.

– Si c’est comme ça, il ne faudrait pas que je sois comme toi non plus, maugréa l’écureuil.

– Comment ça ?, questionna l’autre.

– Car tu es gourmand de pouvoir à dire qui est bon de qui ne l’est pas et ensuite que tu te méfies de tous. Tu me dirais que je dois prendre garde des commères qui critiquent!!!, relança l’écureuil frustré.

– Calmes ton arrogance, petit. Ne comprends donc tu pas que je ne me méfies pas de tous mais de tous ceux qui ne font pas les choses pour le bien commun, dit le plumé accusé.

– Je veux bien te croire, encaissa Clic, non sans choc.

– Tu as le sens de la répartie, petitEn allant à l’université de la forêt, tu aurais de grands plans t’appelants, encouragea le hibou.

 

– Merci , Bhou, mais dis-moi pour qui devrais-je travailler ?, s’intéressa l’écureuil.

– Pour l’homme faisant les choses pour autrui et non pas pour lui-même, renchéri le vieux grincheux.

– Comment pourrais-je savoir s’ils sont dignes de ma confiance?, répondit le petit.

– En écoutant d’abord ce qu’ils ont à dire, proposa le hibou.Apprends à distinguer le vrai du faux.

– Leurs paroles donc, ne suffisent pas, affirma Clic, fier de voir maintenant plus clair dans le jeu des puissants.

– En effet, tu dois aussi te renseigner sur leurs affaires.

– Ah oui? Je me tiendrai mieux au courant des faits, ajouta l’écureuil.

– Regardes finalement à qui profite leurs actions. Si ce n’est pas pour la multitude, cette personne ne sera ni digne d’intérêt ni digne de confiance, termina Bhou.

 

Il y eut un silence. L’écureuil était plongé en lui-même, comme dans une mer de possibilités. Le hibou en profita pour prendre discrètement son envol et rejoindre la lune.

 

L’écureuil raconta toujours par la suite que, bien que Bhou ait changé sa vie, ce dernier ne revint jamais sur sa branche. Certains rigolaient dans son dos, prenant ce désormais vieil écureuil, avocat de carrière, pour un vieux sénile.

 

Morale  :

« Ce n’est pas à l’habit qu’il porte qu’on reconnaît l’homme sage, mais à ses œuvres. », République centrale d’Afrique.

 

[937, 867, 779, 710, 692, 670, 659, 640, 628, 608, 604, 600 mots] [Le processus d’élimination est cruel et difficile car il s’agit dans ce cas-ci d’enlever toutes les fioritures et tous les commentaires narratifs comiques entourant les répliques. Je dois reformuler à plusieurs endroits. Je dois sacrifier des imageries que j’aimais. On voit numériquement les couches de découpage. À coups de 90 mots, 70 mots, puis de 20 mots. Plus ça avance, moins y en reste à couper. Plus les choix sont difficiles… Mais, on peut dire aussi que ça simplifie avantageusement le récit. Plus vif. Plus direct. Les phrases en bleu sont les modifications apportées entre la version brouillon 4 et la version finale. Ce qui a été coupé reste invisible évidemment.]

 

 

[Ce qui suit est une zone de brouillon] :

DÉBUT DU BROUILLON VERSION # 4

Il était une fois un jeune écureuil gris qui raffolait des noisettes.

Les joues bien remplies, il prit son élan et bondit sur la première branche. Puis, suivant une manœuvre athlétique, il se torsada le corps pour retomber sur la branche voisine.

Une surprise stoppa sa course. Il en recracha toute sa récolte de noisettes.

– Hooooou! Attention où tu mets les pattes, petit poilu, conspua celui qui dormait jusque-là sur sa branche.

Je suis Bhou le hibou. Et toi, qui es-tu ? Que veux-tu ? rajouta-t-il.

– Je suis Clic l’écureuil, et ce que je veux? Euh, j’ai toujours voulu travailler pour le roi. Ça semble facile et tellement amusant !, déclara fièrement le petit intrus.

– Prends garde des rois et des seigneurs, répliqua le hibou.

– Pourquoi?, s’intéressa l’écureuil.

– Car ils sont gourmands de pouvoir à dire et à faire ce qu’ils veulent au nom de la multitude.

– Alors, j’ai une autre idée. J’ai toujours voulu travailler avec les banquiers. Ils cassent à longueur de journée des tirelires remplies de sous. J’aimerais les compter, j’aime bien compter. Il faudrait ensuite les mettre dans des sacs puis dans un coffre-fort, proposa l’écureuil en guise de solution de rechange.

– Prends garde des banquiers et de leurs comptables, râla Bhou le hibou.

– Pourquoi? s’enquit Clic.

– Car ils sont gourmands de pouvoir à donner et à refuser de l’argent à qui ils veulent, prévint le vieux sage.

– Alors, j’ai aussi rêvé de devenir moine, vicaire ou curé. Ce serait pratique, je serais logé et nourrit gratuitement à faire le gentil et à chanter des cantiques. Je pourrais ainsi travailler pour le cardinal ou le pape, se résigna l’écureuil, espérant cette idée mieux appréciée que les deux précédentes.

– Prends garde des curés et des papes, s’énerva le hibou bougon.

– Pourquoi encore?, s’étonna Clic, évitant de trop s’énerver pour ne pas s’attirer davantage d’embêtements.

– Car ils sont gourmands de pouvoir à donner ou à refuser l’entrée du Ciel ou de l’enfer à qui ils veulent, dénonça l’oiseau malcommode.

– Alors, il ne me reste plus guère de choix. Je serai soldat ou caporal. J’ai toujours aimé les uniformes et j’ai l’oeil vif pour lancer des noisettes aux troupes ennemies, dit l’écureuil en se bombant le torse.

– Prends garde des soldats et de leurs chefs, fit remontrance le hibou.

– Pourquoi encore et toujours un refus? À la longue ça devient lassant, marmonna Clic dans son double-menton.

– Car ils sont gourmand de pouvoir à espionner et à régir la liberté de penser et d’agir de la multitude, enseigna-t-il à ce jeune insouciant.

– De qui d’autre dois-je encore me méfier ?, inquisitionna l’écureuil.

– De toi!, répondit lourdement le blanc hibou, imposant un silence de vérité. Prend garde de ta naïveté envers les autres, de ton ignorance du monde qui t’entoure et de ta servitude envers tes maîtres.

– D’accord, si c’est comme ça,  il ne faudrait pas que je sois comme toi non plus, maugréa l’écureuil.

– Comment ça, comme moi?, lança le hibou surpris.

– Car tu es gourmand de pouvoir à dire qui est bon de qui ne l’est pas et ensuite que tu te méfies de tous. Tu me dirais que je dois prendre garde des grandes commères qui critiquent!!!, relança l’écureuil frustré.

– Je vois l’arrogance de l’innocence en toi. Ne comprends donc tu pas que je ne me méfies pas de tous mais de tous ceux qui ne font pas les choses pour le bien commun, dit le plumé accusé.

– Je veux bien te croire, encaissa Clic, non sans choc. Il venait quand même de se faire dire ses quatre vérités.

– Tu as le sens de la répartie, certes. Avec un peu d’éducation à l’école de la forêt, tu aurais sûrement de grands plans t’appelants, encouragea le hibou.

Merci pour ces compliments, Bhou, mais tu me rend tout curieux de comprendre. Dis-moi finalement pour qui devrais-je travailler ?, s’intéressa l’écureuil qui dandinait du postérieur en quelque sorte en quête d’une mission.

– Pour l’homme bon, celui qui partage, pour l’homme qui fait les choses pour les autres et non pas pour lui-même, renchéri le vieux grincheux.

– Comment pourrais-je savoir s’ils sont dignes de ma confiance?, répondit le petit.

– En écoutant d’abord ce qu’ils ont à dire, proposa le hibou. Les menteurs, comme les gens honnêtes, font de belles promesses pour expliquer leurs projets. Tu dois apprendre à distinguer le vrai du faux.

– Leurs paroles donc, ne suffisent pas, affirma Clic, fier de voir maintenant plus clair dans le jeu des puissants.

– En effet, et davantage que leurs paroles, tu dois te renseigner sur leurs affaires.

– Ah oui? Je me tiendrai donc davantage au courant des faits, ajouta l’écureuil faisant une moue découragée voyant l’ampleur de la tâche.

Regardes finalement à qui profite leurs actions. Si ce n’est pas pour la multitude, cette personne ne sera ni digne d’intérêt ni digne de confiance, termina Bhou.

Il y eut un silence. L’écureuil était plongé en lui-même, comme dans une mer de possibilités. Le hibou ouvrit ses ailes et prit son envol pour allez rejoindre cette lune discrète cachée derrière quelques nuages.

L’écureuil raconta toujours par la suite que bien que Bhou ait changé sa vie, ce dernier ne revint jamais sur sa branche. Certains rigolaient dans son dos prenant ce désormais vieil écureuil gris, avocat de profession, pour un radoteux. Un vieux sénile.

Morale  :

« Ce n’est pas à l’habit qu’il porte qu’on reconnaît l’homme sage, mais à ses œuvres. », de République centrale d’Afrique.

[937 mots] [Le défi permet 600 mots maximum. Les phrases en rouge sont les modifications apportées entre la version 3 et 4. Avec cette version 4, je veux au fond obtenir un « conte complet » qui me satisfasse, que je sentes naturelle, dans le sens qu’elle a atteint sa maturité, sa pleine complétude, son entièreté, avant de passer à la version « chirurgie plastique », « anorexique », et « amputée » de 600 mots max. J’étais passé de 912 mots (v.2) à 814 mots (v.3). J’avais alors coupé le segment avec l’armée. Puis vient cette version 4 qui ramène le segment militaire que je trouvais aussi important que les autres. Un seul problème je suis remonté à plus de 900 mots. J’ai aussi reformulé la fin, l’envolée. J’ai également débogué deux illogismes; une double invraisemblance. Explications pour les curieux des détails : Voici un extrait de la version 3 pour la première invraisemblance, quand il se trouve frustré de se faire dire ses quatre vérités :

– D’accord, si c’est comme ça !, dit l’écureuil, je serai comme toi.

– Comment ça, comme moi?, lança le hibou surpris.

– Car tu es gourmand de pouvoir à dire qui est bon de qui ne l’est pas et ensuite que tu te méfies de tous. Tu me dirais que je dois prendre garde des grandes commères qui critiquent!!!, relança l’écureuil frustré.

En disant ça, il démontrait que pour être « bien, correct » il fallait qu’il soit une commère pour reprendre ses mots. Ce qui n’a pas de sens. Il voulait au contraire dire que ce n’est pas bien de critiquer tout le monde, tel que le faisait le hibou.

C’est pourquoi c’est devenu dans la version 4 :

– D’accord, si c’est comme ça,  il ne faudrait pas que je sois comme toi non plus, maugréa l’écureuil.

– Comment ça, comme moi?, lança le hibou surpris.

– Car tu es gourmand de pouvoir à dire qui est bon de qui ne l’est pas et ensuite que tu te méfies de tous. Tu me dirais que je dois prendre garde des grandes commères qui critiquent!!!, relança l’écureuil frustré.

Bravo! Maintenant il est logique avec son propre raisonnement. Mais il a à moitié raison. Le raisonnement est bon en soi, mais le jugement est erroné sur les intentions du hibou. Il n’a donc pas encore compris la leçon, ce qui est correct et demeure quand même dans la version 4. Mais il y avait dans la version 3 une deuxième invraisemblance. Le hibou lui faisait des compliments sur sa « répartie » mais se taisait quant à son erreur de jugement.

– Je vois l’arrogance de l’innocence en toi. Tu as le sens de la répartie. Avec un peu d’éducation à l’école de la forêt, tu aurais sûrement de grands plans t’appelants, encouragea le hibou.

Dans la version 3, le jeune ne comprenait pas que le hibou ne juge pas tout le monde mais seulement ceux qui ne sont pas de bonne volonté. Dans la version 4, le hibou répond maintenant clairement :

– Je vois l’arrogance de l’innocence en toi. Ne comprends donc tu pas que je ne me méfies pas de tous mais de tous ceux qui ne font pas les choses pour le bien commun, dit le plumé accusé. ]

FIN DU BROUILLON VERSION # 4

[Ce qui suit est une zone de brouillon] :

DÉBUT DU BROUILLON VERSION # 3

Il était une fois un jeune écureuil gris qui raffolait des noisettes.

Les joues bien remplies, il prit son élan et bondit rapidement d’une première branche à une deuxième. Suivant une manœuvre athlétique, il se torsada le corps pour revenir sur une troisième qui était alors dos à lui.

Puis, une surprise stoppa sa course. Il en recracha toute sa récolte de noisettes.

– Hooooou, l’ami, hoooula. Attention où tu mets les pattes. Je suis Bhou le hibou. Tu m’as presque fait tomber du haut de cet arbre, conspua celui qui dormait jusque-là sur sa branche.

– Qui es-tu, petit ? Que veux-tu ? rajouta-t-il.

– Je suis Clic l’écureuil, et j’ai toujours voulu travailler pour le roi, déclara fièrement le petit intrus.

– Prends garde des rois et des seigneurs, répliqua le hibou.

– Pourquoi?, s’intéressa l’écureuil.

– Car ils sont gourmands de pouvoir à dire et à faire ce qu’ils veulent au nom de la multitude.

– Alors, j’ai une autre idée. J’ai toujours voulu travailler avec les banquiers qui cassent à longueur de journée des tirelires remplies de sous. J’aimerais les compter, j’aime bien compter. Il faudrait ensuite les mettre dans des sacs et ensuite dans un coffre-fort, proposa l’écureuil en guise de solution de rechange.

– Prends garde des banquiers, de leurs économistes et de leurs comptables, râla Bhou le hibou.

– Pourquoi? s’enquit Clic.

– Car ils sont gourmands de pouvoir à donner et à refuser de l’argent à qui ils veulent, prévint le vieux sage.

– Alors, j’ai aussi rêvé d’entrer dans les ordres et devenir moine, vicaire ou curé. Je pourrais ainsi travailler pour le cardinal ou le pape, se résigna l’écureuil, espérant cette idée mieux appréciée que les deux précédentes.

– Prends garde des curés et des papes, s’énerva le hibou bougon.

– Pourquoi encore?, s’étonna (maladroitement) Clic, plutôt que de s’énerver et ainsi s’éviter de plus graves embêtements.

– Car ils sont gourmands de pouvoir à donner ou à refuser l’entrée du Ciel ou de l’enfer à qui ils veulent, dénonça l’oiseau malcommode.

– De qui d’autre dois-je encore me méfier ?, inquisitionna d’impatience l’écureuil.

– De toi!, répondit lourdement le blanc hibou, imposant un silence de vérité. Prend garde de ta naïveté envers les autres, de ton ignorance du monde dans lequel tu vis, de ta servitude envers tes maîtres, de ton cautionnement aux jeux de la guerre des puissants.

– D’accord, si c’est comme ça !, dit l’écureuil, je serai comme toi.

– Comment ça, comme moi?, lança le hibou surpris.

– Car tu es gourmand de pouvoir à dire qui est bon de qui ne l’est pas et ensuite que tu te méfies de tous. Tu me dirais que je dois prendre garde des grandes commères qui critiquent!!!, relança l’écureuil frustré.

– Je vois l’arrogance de l’innocence en toi. Tu as le sens de la répartie. Avec un peu d’éducation à l’école de la forêt, tu aurais sûrement de grands plans t’appelants, encouragea le hibou.

– Je veux bien te croire, encaissa Clic, non sans choc. Il venait de se faire dire ses quatre vérités, suivit d’une réplique acerbe et maladroite, conclue par un encouragement sur son potentiel. Le jeune s’intéressa soudain à cet hibou.

– Alors, toi qui est sage, dis-moi pour qui devrais-je travailler?,défia l’écureuil gris.

– Pour l’homme bon, pour l’homme qui fait les choses pour les autres et non pas pour lui-même, renchéri le vieux grincheux.

– Comment pourrai-je savoir s’ils sont dignes de ma confiance?, répondit le petit.

– En écoutant bien sûr ce qu’ils ont à dire, proposa le hibou. Les menteurs, comme les gens honnêtes, font de belles promesses pour expliquer leurs projets. Tu dois apprendre à distinguer le vrai du faux.

– Leurs paroles donc, ne suffisent pas, affirma Clic, fier de voir maintenant plus clair dans le jeu des puissants.

– En effet, et davantage que leurs paroles, tu dois te renseigner sur ce qu’ils font et ont fait.

– Ah oui? Je devrai me tenir davantage au courant des faits, ajouta l’écureuil en faisant une moue découragée.

– Penses aussi à regarder à qui profite leurs décisions et leurs actions. Si ce n’est pas pour la multitude, cette personne ne sera ni digne d’intérêt ni digne de confiance, termina Bhou.

Il y eut un silence. L’écureuil était plongé en lui-même, comme dans une mer de possibilités. Le hibou ouvrit ses ailes et prit son envol vers ce ciel noircissant agrémenté d’une lune discrète derrière quelques nuages.

L’écureuil raconta toujours par la suite que bien que Bhou ait changé sa vie, ce dernier ne revint jamais sur sa branche. Certains rigolèrent dans son dos prenant ce désormais vieil écureuil gris, avocat de profession, pour un radoteux. Un vieux sénile.

Moralité  :

« Ce n’est pas à l’habit qu’il porte qu’on reconnaît l’homme sage, mais à ses œuvres. », de République centrale d’Afrique.

[814 mots] [Le défi permet 600 mots maximum. Je suis passé de 912 à 814 mots. J’ai coupé le segment avec l’armée. J’ai enlevé un peu de superflu et des phrases un peu trop longues pour rien. Mais il faudra encore couper !]

FIN DU BROUILLON VERSION # 3

[Ce qui suit est une zone de brouillon] :

DÉBUT DU BROUILLON VERSION # 2

Il était une fois un jeune écureuil gris qui raffolait des noisettes.

Les joues bien remplies, il prit son élan et bondit rapidement d’une première branche, à une deuxième. Puis, suivant une manœuvre athlétique, il se torsada le corps à 180 degrés pour revenir sur une troisième qui était dos à lui.

Puis, une surprise stoppa sa course.

– Hooooou, l’ami, hoooula. Attention où tu mets les pattes. Je suis Bhou le hibou. Tu m’as presque fait tomber du haut de cet arbre, conspua celui qui dormait jusque-là sur sa branche.

– Qui es-tu, petit ? Que veux-tu ? rajouta-t-il.

– Je suis Clic l’écureuil, et j’ai toujours voulu travailler pour le roi, déclara fièrement le petit intrus.

– Prends garde des rois et des seigneurs, répliqua le hibou.

– Pourquoi?, s’intéressa l’écureuil.

– Car ils sont gourmands de pouvoir à dire et à faire ce qu’ils veulent au nom de la multitude.

– Alors, j’ai une autre idée. J’ai toujours voulu travailler avec les banquiers qui cassent à longueur de journée des tirelires remplies de sous. J’aimerais les compter, j’aime bien compter. Il faudrait ensuite les mettre dans des sacs et ensuite dans un coffre-fort, proposa l’écureuil en guise de solution de rechange.

– Prends garde des banquiers, de leurs économistes et de leurs comptables, râla Bhou le hibou.

– Pourquoi? s’enquit Clic.

– Car ils sont gourmands de pouvoir à donner et à refuser de l’argent à qui ils veulent, prévint le vieux sage.

– Alors, j’ai aussi rêvé d’entrer dans les ordres et devenir moine, vicaire ou curé. Je pourrais ainsi travailler pour le cardinal ou le pape, se résigna l’écureuil, espérant cette idée mieux appréciée que les deux précédentes.

– Prends garde des curés et des papes, s’énerva le hibou bougon.

– Pourquoi encore?, s’étonna (maladroitement) Clic, plutôt que de s’énerver et ainsi s’éviter de plus graves embêtements.

– Car ils sont gourmands de pouvoir à donner ou à refuser l’entrée du Ciel ou de l’enfer à qui ils veulent, dénonça l’oiseau malcommode.

– Alors, je serai soldat ou caporal. J’ai toujours aimé les uniformes et j’ai l’oeil vif pour lancer des noisettes aux troupes ennemies, dit l’écureuil en se bombant le torse.

– Prends garde des soldats et de leurs chefs, fit remontrance le hibou.

– Pourquoi encore et toujours un refus? À la longue ça devient lassant, marmonna Clic dans son double-menton.

– Car ils sont gourmand de pouvoir à espionner et à régir la liberté de penser et d’agir de la multitude, enseigna-t-il à ce jeune insouciant.

– De qui d’autre dois-je encore me méfier ?, inquisitionna d’impatience l’écureuil.

– De toi!, répondit lourdement le blanc hibou, imposant un silence de vérité. Prend garde de ta naïveté envers les autres, de ton ignorance du monde dans lequel tu vis, de ta servitude envers tes maîtres, de ton cautionnement aux jeux de la guerre des puissants.

– D’accord, si c’est comme ça !, dit l’écureuil, je serai comme toi.

– Comment ça, comme moi? Qui suis-je pour toi ?, lança le hibou surpris.

– Car tu es gourmand de pouvoir à dire qui est bon de qui ne l’est pas et ensuite que tu te méfies de tous. Tu me dirais que je dois prendre garde des grandes commères qui critiquent!!!, relança l’écureuil frustré.

– Je vois l’arrogance de l’innocence en toi. Je vois que tu es quand même brillant, que tu as le sens de la répartie même si tu n’as pas beaucoup de connaissances. Crois-moi, avec un peu d’éducation à l’école de la forêt et tu aurais de grands plans t’appelants, encouragea le hibou.

– Je vois, d’accord. Je veux bien te croire, encaissa Clic, non sans choc, de se faire dire ses quatre vérités. Il poursuivi à son tour après un autre long silence de réflexion.

– Alors, toi qui est vieux et toi qui est sage, dis-moi pour qui devrais-je travailler?, défia l’écureuil gris.

– Pour l’homme bon, pour l’homme sage, pour l’homme qui fait les choses pour les autres et non pas pour lui-même, renchéri le vieux plumé.

– Comment pourrai-je savoir s’ils sont dignes de confiance?, répondit le petit.

– En écoutant bien sûr ce qu’ils ont à dire, proposa le hibou. Les menteurs et les magouilleurs font de beaux discours. Mais, les gens honnêtes aussi font de belles promesses pour expliquer leurs projets. Tu dois apprendre à distinguer le vrai du faux.

– Leurs paroles donc, ne suffisent pas, affirma Clic, fier de voir maintenant plus clair dans le jeu des puissants.

– En effet, et davantage que leurs paroles, tu dois te renseigner sur ce qu’ils font et ont fait.

– Ah oui? Ah bon, j’aurai donc beaucoup de travail à faire pour me tenir au courant des faits, ajouta l’écureuil faisant une moue découragée.

– Il faut aussi bien sûr regarder à qui profite leurs décisions et leurs actions. Si ce n’est pas pour la multitude, cette personne ne sera ni digne d’intérêt ni digne de confiance, termina Bhou.

Il y eut un silence. L’écureuil était plongé en lui-même, comme dans une mer de possibilités. Le hibou ouvrit ses ailes et prit son envol vers ce ciel noircissant agrémenté d’une lune discrète derrière quelques nuages.

L’écureuil raconta toujours par la suite que bien que Bhou ait changé sa vie, ce dernier ne revint jamais sur sa branche. Certains rigolèrent dans son dos prenant ce désormais vieil écureuil gris, avocat de profession, pour un radoteux. Un vieux sénile.

Moralités  :

1- « L’habit ne fait pas le moine. », d’Europe. Employée pour la première fois au XIIIème siècle par le pape Grégoire IX, cette expression trouverait son origine dans le comportement des moines de l’époque, dont la plupart allaient à l’encontre de leurs principes sans le moindre remord. C’est de là qu’est née l’expression « l’habit ne fait pas le moine » qui signifie qu’il ne faut pas se fier aux apparences.

2- « Ce n’est pas à l’habit qu’il porte qu’on reconnaît l’homme sage, mais à ses œuvres. », de République centrale d’Afrique.

3- « L’homme sera d’abord ce qu’il aura projeté d’être. »; « Celui qui n’a rien fait, n’est personne. »; « On ne fait pas ce qu’on veut et cependant on est responsable de ce qu’on est. », de France, Jean-Paul Sartre.

FIN DU BROUILLON VERSION # 2

[environ 912 mots] [Le défi permet 600 mots maximum. Il faudra couper 1/3!]

[Ce qui suit est une zone de brouillon] :

DÉBUT DU BROUILLON VERSION # 1

L’écureuil bondit sur une branche. Il eut toute une surprise qui stoppa sa course. Il eu un sursaut.

– Hola, l’ami. Attention où tu mets les pattes. Tu as failli me faire tomber du haut de cet arbre, conspua le hibou qui dormait sur sa branche.

– Qui es-tu? Que veux-tu? rajouta-t-il.

– Je suis Clic l’écureuil, et j’ai toujours voulu travailler pour le roi.

– Prend garde des rois et des seigneurs, répliqua sèchement le hibou.

– Pourquoi? S’intéressa l’écureuil.

– Car ils sont gourmands de pouvoir à dire et à faire ce qu’ils veulent ou plutôt ce qu’ils peuvent au nom de la multitude.

– Alors, j’ai toujours voulu travailler avec les banquiers qui cassent à longueur de journées des tirelires remplies de sous pour ensuite les mettre dans des sacs.

– Prend garde des banquiers, de leurs comptables et investisseurs, râla Hou le hibou.

– Pourquoi? s’enquit Clic.

– Car ils sont gourmands de pouvoir à donner et à refuser de l’argent à qui ils veulent.

– Alors, j’ai aussi rêvé d’entrer dans les ordres et devenir moine, vicaire ou curé pour travailler pour le cardinal ou le pape, se résigna tristement l’écureuil, espérant cette idée mieux appréciée que les deux précédentes.

– Prend garde des curés et des papes, s’énerva un peu le hibou bougon.

– Pourquoi encore?, s’étonna Clic, plutôt que de s’énerver pour ainsi éviter de plus graves embêtements.

– Car ils sont gourmands de pouvoir à donner ou refuser l’entrée du Ciel ou de l’enfer à qui ils veulent.

– Alors, je serai soldat ou caporal. J’ai toujours aimé les uniformes et j’ai l’oeil vif pour lancer des noisettes aux troupes ennemies.

– Prend garde des soldats et de leurs chefs, faisait encore remontrance le hibou devant ce qu’il devait constater comme un aveuglement volontaire de l’écureuil… (?à maintenir son incompréhension face au monde dans le quel nous vivons.)

– Pourquoi encore et toujours un refus? À la longue ça devient lassant, marmonna-t-il dans son double-menton d’écureuil.

– Car ils sont gourmand de pouvoir à espionner, contrôler et décider de la liberté de penser et d’agir de la multitude et de l’imposer à qui ils veulent.

– De qui d’autre dois-je encore me méfier ?, inquisitionna d’impatience l’écureuil.

– De toi! Répondit le blanc hibou. De ta naïveté envers les autres, de ton ignorance du monde dans lequel tu vis, de ta servitude envers tes maîtres, de ton cautionnement aux jeux de la guerre des puissants sur le dos de la multitude… (?voulant vivre en paix sur leurs terres et dans leurs cités festives).

[Deuxième version de fin qui m’apparait la meilleure pour le moment, bien que trop détaillée et moraliste pour le moment. À préciser, à concire, à dé-moraliser un peu si possible.]

Fin # A

– Je vois, d’accord. Je veux bien te croire. Alors, toi qui est vieux et toi qui est sage, dis-moi pour qui devrais-je travailler?, répondit un peu bouleversé l’écureuil, qui malgré sa naïveté savait être humble.

– Pour l’homme bon, pour l’homme sage, pour l’homme qui fait les choses pour les autres et non pas pour lui-même, renchéri le vieux plumé.

– Comment pourrai-je savoir s’ils sont dignes de confiance?, répondit le petit.

– En écoutant bien sûr ce qu’ils ont à dire. Même les gens honnêtes font des promesses pour expliquer leurs projets et doivent s’entourer de personnes de toutes sortes pour accomplir ce qu’ils ont à faire.

– Leurs paroles donc, ne suffisent pas, si j’ai bien compris, répondit Clic fier de voir maintenant plus clair dans le jeu des puissants.

– En effet, et davantage que leurs paroles, tu dois observer et te renseigner sur ce qu’ils font et sur leurs passés.

– Ah oui? Ah bon, j’aurai du travail à faire pour me tenir informé.

– Il faut aussi bien sûr regarder à qui profite leurs décisions et leurs actions. Comprendre dans l’intérêt de qui ils travaillent. Si ce n’est pas pour la multitude, cette personne ne sera ni digne d’intérêt ni digne de confiance. Saches faire les bons choix et mène une bonne vie.

Moralité :?

[Je dois trouver une morale disant par exemple qu’on doit se méfier des autres, une morale de sagesse quelconque. Je devrai refouiller dans la liste des citations célèbres. Exemples : Vis ta vie. Il ne faut pas juger les autres. Etc.]

[Première version de fin qui devient en fait le deuxième choix.]

Fin # B

– D’accord !, dit l’écureuil, je serai comme toi.

– Pourquoi comme moi? Qui suis-je pour toi ? Lança surpris le hibou.

– Car tu es gourmand de pouvoir à dire qui dois être respecté de qui ne doit pas l’être et que tu te méfies de tous.

– Tu me dirais que je dois prendre garde des grandes commères qui critiquent!!! …

[Comment finir cette finale qui a l’air d’être contradictoire avec le fait que le hibou devrait en principe avoir du jugement et il n’a pas du tout l’air d’être un profiteur? Au contraire. À réfléchir]

FIN DU BROUILLON VERSION # 1

[environ 750 mots]

9 Commentaires

  1. Superbe ce dialogue aux multiples morales. Le ton est parfait. On voit que tu as travaillé fort. Bravo Sylvain!

  2. Merci. Je le trouve bien moi aussi. Sauf qu’il est trop long. Je dois passer la scie tronçonneuse dans mon conte. Soit faire sauter un des corps de métiers, soit épurer beaucoup toutes les phrases. Les deux seront peut-être nécessaires.

  3. On sent ton esprit communautaire et tout la portée du message qui passe par ce conte. Le début a toute une rythmique très intéressante. Il paraît que ça fait partie des règles des contes, que les personnages exprime une idée par répétition comme tu as fait. J’ai moi aussi trouvé l’exercice bien difficile de devoir couper de moitié mais 1200 mots. J’ai seulement coupé dans chaque phrase tout ce qui n’était pas absolument nécessaire. Parfois on dit en 3 ou 4 mots quelque chose qui peut se dire en un seul. Tu pourrais y trouver ton conte (ou ton compte, non mais quel jeu de mots) à ainsi l’épurer. De même que pour la morale. C’est intéressant d’avoir toutes ses références mais pour une version finale, tu pourrais t’en tenir à une seule et réajuster ce que tu conserves dans l’histoire en relation avec cette unique morale.

    1. Content que soit notable l’esprit solidaire et communautaire de mon conte. C’est peut-être aussi un peu par déformation professionnelle de formateur-intervenant en alphabétisation populaire, avec des adultes entre 30 et 65 ans. J’étais justement à parler dans mon atelier d’aujourd’hui de santé, de l’État providence, des services publics, du système politique et démocratique. On a parler un peu des partis politiques et des élections québécoises qui s’en viennent. Comme le hibou, je leur disais : « Les menteurs, comme les gens honnêtes, font de belles promesses pour expliquer leurs projets. Tu dois apprendre à distinguer le vrai du faux. » On pourrait dire que cette part de mon travail est de leur donner envie de s’intéresser à la société pour en faire partie plutôt que de juste la subir. Je me suis gâté, je leur ai lu la version 4 du conte.

  4. Personnellement, je pense que je choisirais la 2e moralité de L’Afrique. Il me semble qu’elle est plus directement en relation avec ton histoire.

    (Dommage de ne pas pouvoir corriger nos fautes dans les commentaires. Ça m’enrage toujours de les voir en ne pouvant plus rien faire pour elles. Tant pis « mais » et « ses » je vous abandonne aux yeux des lecteurs.)

    1. Comme tu peux voir, j’ai aussi trouvé que c’était la meilleure idée de morale, « Ce n’est pas à l’habit qu’il porte qu’on reconnaît l’homme sage, mais à ses œuvres. », de République centrale d’Afrique. P.S. Tu peux corriger tes commentaires en cliquant sur « Modifier » dans l’en-tête de ton message ;)

  5. Bravo! Quel superbe conte!

    1. Merciiiii ! La version 4 est ma version préférée ! La plus colorée, la plus complète, la plus chargée de détails. J’achève d’écrire la version de 600 mots max. Y a des fois que c’est plus facile que d’autres que de faire court. Et là, on dirait que c’est un texte fait sur mesure pour du 800 ou 900 mots.

  6. Et pourquoi pas revenir à la consignes des 1000 mots comme Maestro nous avait déjà accordée? C’est vrai que des fois, c’est bon de couper mais d’autres fois, on se prive de beau matériel. ¨ca ne rendrait pas nos textes moins intéressants d’avoir un peu plus de lousse il me semble. Dépose-t-on un autre grief auprès des autorités, cher comité syndical?

    (En passant Sylvain, lorsque notre commentaire est sur la page d’un autre, on a pas l’option de faire une correction. C’est seulement lorsqu’on est sur notre proprepage je pense.)

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