Titanic

14 avril 1912

Le capitaine à la casquette ostentatoire n’avait peut-être pas pris d’alcool ce soir là en pilotant le Titanic. Mais peut-être que oui aussi. Lui, pilote de cette si belle invention. Un navire insubmersible. Lui, une vedette instantanée. De cocktail en cocktail, il se retrouva « pompette » aux commandes du périple qui avait quitté New-York, pour aller à Queenstown en Irlande, et qui s’arrêterait en chemin à Cherbourg en France.

Tout avait été si médiatisé dans les grands journaux et à la radio. Le télé-visiophone en direct en parlait longuement à chaque jour depuis des semaines au petit écran-à-main et au grand écran-à-mur. Tout le gratin mondial voulait faire cette croisière luxueuse à outrance. Les journalistes des grands médias étaient tous du voyage. Le jour J arriva et le paquebot leva l’ancre. Flot à flot, le sillon fut fait jusqu’à ce qu’un glacier énorme qui s’enlignait sur la trajectoire du Titanic fut aperçu sur l’écran radar.

– Capitaine, un glacier en vue à 100 kilomètres, informa un des copilotes.

– Ah oui?, c’est anormal sur cette trajectoire. Ça doit être à cause du… . HIC! Changez simplement de trajectoire à 20˚ Sud-Est, ainsi nous éviterons tout… HOC!.

– D’accord Capitaine, j’ai déjà fait le changement de cap. Je surveillerai tout autre obstacle en vue.

– Parfait, conclu le Capitaine, camouflant un autre hoquet provoqué par ses quelques derniers Martinis-vodka.

– Je vais maintenant retourner voir nos invités de marque, annonça-t-il ensuite solennellement. – Tenez-moi au courant de tout changement via mon télé-face sur mon écran-à-main.

On retrouva finalement le Capitaine juste à temps, plusieurs heures plus tard, endormi sur une chaise-longue du quai # 23.

Le Titanic approchait de sa première destination au quai de Cherbourg, une commune française, de la région Basse-Normandie. Les grands médias et les grandes foules attendraient avec joie ce navire désormais légendaire.

[310 mots]

 

Ce texte répondait au défi suivant :

Le défi : Écrire une courte histoire Rétro-futuriste se déroulant avant les années 1980.

Thème : Libre

Longueur : Minimum : 100 mots. Maximum : 750 mots.

Contrainte : Intégrer vos personnages dans un contexte social et technologique de science-fiction rétro. N’en faites pas trop de cas, ces outils et inventions sont normaux pour eux. Évoquez et décrivez sommairement au moins 3 découvertes, inventions, ou technologies dans un monde qui ne les a pas connu réellement.

6 Commentaires

  1. Bravo! J’aime beaucoup comment tu as su intégrer des appareils qu’on peut imaginer avec une terminologie inventée quoique toujours anachronique.

    Je t’avoue que je ne le trouve pas si facile ton défi finalement. C’est justement ce qui me passait par la tête. Je me disais que plusieurs histoires épiques ne seraient simplement pas arrivées avec des moyens technologiques modernes. Imaginez Christophe Colomb avec un GPS. Il l’aurait trouvé la vraie route des Indes. Le cinéma bollywoodien dominerait le monde des médias. Et peut-être que nous serions tous Amérindiens aujourd’hui. En fait, Amérigènes ou je ne sais trop comment on s’appellerait. J’ai une autre idée de sujet mais je travaille là-dessus. J’espère bien pondre ma nouvelle d’ici le 30 avril.

    1. Merci pour les compliments! Pour le défi, il n’est pas nécessaire de faire tourner l’histoire autour des technologies anachroniques mais simplement les intégrer de façon « normale » dans n’importe quelle histoire que tu aurais pu écrire ! Bonne inspiration !

  2. Bravo Sylvain! Ce petit texte est d’une redoutable efficacité. Je me suis laissé prendre à imaginer la collision ajustée alors qu’elle n’est jamais arrivée! On peut dire que c’est un Happy Ending inattendu!

    1. Merci pour les bons mots ! J’ai en effet voulu tendre un piège au lecteur avec ce capitaine en état d’ébriété. Je me rends compte, à mesure que j’écris, qu’il est intéressant de mettre l’accent sur certains détails pour déjouer l’intention d’un personnage ou le dénouement d’un événement. Je savais qu’une technologie quasi-automatique allait venir empêcher toute catastrophe. Je ne voulais pas non plus que ça finisse platement. C’est alors que j’ai pensé créer cette anecdote comique avec le capitaine endormit qu’on recherchait et dont on avait pas de nouvelle depuis des heures et des heures.

  3. Émilie Rochette-Jalbert · · Réponse

    J’ai espéré une fin tragique… que voulez-vous… j’aime les histoires qui ne finissent pas si bien, il faut croire! héhéhé!
    Bravo pour ton intégration des technologies. C’est fluide, ça coule bien. Agréable à lire!

    1. Merci pour les compliments… mais désolé pour la fin à l’eau de rose héhéhé… Avoue que je t’ai surpris quand même avec cette fin. loll Mon idée de trame de récit fut de modifier la conclusion d’un fait historique, d’un événement dramatique de l’histoire grâce à une technologie anachronique tel que radar-sonde… Ainsi, je me dis que je peux bien me permettre de temps à autre une fin qui finit bien loll car je suis comme toi amateur d’histoires qui finissent mal…

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