Mes éternels ennemis

Voilà une éternité que je n’aie pu entrer dans des maisons.

De vraies demeures où des gens vivent de vraies émotions

Pas comme ici, où les habitants ne sont habités que de rancoeurs.

Je repasse sans cesse dans ma tête le chemin qui m’a menée entre ces murs.

J’entends incessamment autour de moi les clameurs.

Existent-elles seulement dans ma tête dure?

Elles ont tant courus, à mon sujet, ces fameuses rumeurs.

J’aimerais rêver de musique, de voyage aux paysages époustouflants.

Mais bien malgré moi, j’en suis privée également.

Parfois, je me surprends à attendre un miracle.

Une personne sur ma liste d’invités contournerait les obstacles.

L’espoir est parfois plus cruel que le désespoir.

Dans cette tourmente, je me sens poussée au bout de l’entonnoir.

Je ne sais plus de quelle perte, j’ai le plus de regrets.

Peut-être bien les regards bienveillants et discrets?

Cette vie étrange dans cet habit austère, je n’y puis rien comprendre.

Une seule petite lumière est enfouie bien au fond de mes méandres.

Une nouvelle  vie à l’extérieur me serait-elle plus paisible?

Peu importe les toits qui m’abritent, c’est possible

Que mes pires ennemis cohabitent en mon être,

Se chamaillant entre eux, sans jamais disparaître.

4 Commentaires

  1. Bon j’hésite a penser que c’est un moine ou bien un insecte comm un genre de coquerelle. Intriguant!

  2. Haha je trouve bien amusant tout ce que tu as pu imaginer. La poésie a ce droit de demeurer intrigante et inexpliquée. Je n’ose presque pas péter ta bulle mais comme j’ai fini par écrire sous ma publication sur Facebook, on pourrait dire que c’est un hommage à Unité 9. C’est en fait le documentaire web sur les vraies détenues qui m’a inspiré.

  3. Ha! Ha! Geneviève, une coquerelle ou un moine! Moi, j’ai pensé à un prisonnier, rassure-toi Julie. Très beau le passage sur les pires ennemis en soi. Je vais aller voir sur le web les vraies détenues qui t’ont inspirée, j’espère qu’elles auront accès à ton poème.

  4. Merci Michèle! (Je ne t’appellerai pas maman car tout le monde va savoir que je suis encore ta petite fille.) Oui va voir le documentaire sur le site de Unité 9, c’est très bon et très touchant. Ça m’a donné envie d’écrire de la poésie avec l’exercice que tu m’avais fait faire. On dirait que lorsque l’on cherche un peu la rime on trouve des formules originales et inattendues. La finale m’est apparue tout naturellement sans que je l’aie préparée. J’ai bien aimé faire ce petit poème. Je ne sais pas si les détenues l’aimeraient par contre.

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