Nouvelle vie

Un matin, sur un coup de tête, je décidai de partir et de tout lâcher! Être sédentaire, c’était la pire des conditions et il fallait que je parte avant de ne plus pouvoir m’en sortir! J’appelai mon boss. Je lui dis que je ne rentrerais pas, ni ce jour-là ni plus tard. Je lui dictai ma démission en bonne et due forme, je suis comme ça, je ne peux pas m’empêcher de bien faire les choses.

Je préparai mon sac en rassemblant le peu de choses qui m’appartenait et, en sortant, j’ai dit à Nathalie, ma colloque, que je ne reviendrais plus, et qu’il fallait qu’elle se trouve un nouveau coloc. Je l’a remerciai de tout ce qu’elle avait partagé avec moi, il faut bien être gentil avec les gens gentils, sa table, sa pinte de lait, sa pâte à dents, parfois sa brosse à cheveux.

Je mis mon vieux chapeau de paille sur ma tête et je partis. Je sortis de la ville en marchant puis je fis du pouce… Un vaillant conducteur m’embarqua. Je lui parlai de l’importance de l’environnement, de l’impact de la pollution des voitures sur la planète, je partagai mon avis sur la stupidité des sédentaires qui travaillent de 9 à 5 et qui ne font rien d’intéressant dans la vie. Je ne sais trop pourquoi, il a arrêté sa voiture sur le bord de l’autoroute et a insisté pour que je débarque.

Ce n’était pas grave car marcher, c’est bon pour la santé. Plutôt que de poursuivre le long d’une autoroute bruyante, je pris le premier chemin de campagne que je croisai et je me mis à marcher. Que la vie était belle, le soleil sur le front, le chant des oiseaux dans les oreilles, la brise du printemps sur le poil des bras.

Puis, au bout d’un temps, je trouvai ma destinée au détour d’un chemin. Sous un petit pont de campagne servant à faire passer la route par-dessus un ruisseau, je trouvai ma nouvelle maison, un vieux Westfalia aux pneus crevés, abandonné près du pont, juste au bord du ruisseau.

J’avais trouvé mon petit coin de paradis. J’avais l’abri pour les jours de pluie, un champ pour courir, un ruisseau pour m’abreuver, un petit boisé où je trouvai de quoi manger. Je trouvai même un peigne dont il manquait une dent pour remplacer la brosse à cheveux de Nathalie. Dans les jours suivants, des voyageurs errants me trouvèrent par hasard et se joignirent à moi. La vie devint une fête permanente, c’était la belle vie!

Mais, les ressources finirent par manquer, je m’ennuyai de manger autre chose que des petits fruits et des racines. Et fêter sans bière, cela finit par ne plus être amusant. Je trouvai un dépanneur à 20 minutes de marche, mais je n’avais plus d’argent et le propriétaire refusa de me faire crédit. Par contre, il cherchait quelqu’un pour tenir le dépanneur. Je me dis que cela me permettrait de m’acheter de quoi manger…

L’été passa, mes amis reprirent leur chemin, et je me retrouvai à travailler jour après jour au comptoir et à rentrer chez moi pour dormir dans mon Westfalia. Je m’ouvris une bière, somnolant de fatigue, en me demandant comment faire pour ne pas toujours redevenir sédentaire?

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