Le temps passé

[Défi du mois d’août]

J’étais assis à lire un livre sur la terrasse d’un café, musique classique dans les écouteurs, sirotant un expresso allongé. La belle vie, quoi. Sans quitter mon livre des yeux, je finis par atteindre le fond de ma tasse. Je la déposai en continuant à lire, il était hors de question de partir avant d’avoir terminé.

Je déposai sur la table de quoi payer et je levai les yeux pour la première fois depuis peut-être une heure. C’est alors que je me rendis compte que quelque chose n’allait pas. La chaussée près de la terrasse était partiellement recouverte de débris et de gravier. Poussés par le vent, un vieux contenant de jus roulait le long de la rue. Autour de moi, il n’y avait plus personne. En fait, il n’y avait plus de tables, à part celle devant moi. La clôture basse qui entourait la terrasse était en grande partie tombée. En me tournant vers le commerce, je m’aperçus qu’il n’y avait ni porte, ni enseigne. Il n’y avait plus de serveurs ni de clients. En fait, il n’y avait plus de restaurant.

Je me levai pour aller marcher autour. La situation était pareille dans tout le quartier. Il n’y avait plus personne et la ville semblait avoir été balayée par un terrible fléau. Inquiet, j’accélérai le pas pour me rendre jusque chez moi. Comme je le craignais, l’édifice où j’avais vécu s’était effondré. Un terrible cataclysme s’était abattu sur la ville et sa population s’était volatilisée.

Marchant d’un pas désespéré, j’aperçus l’épicerie dont les vitrines avaient été fracassées. Je décidai d’y entrer pour m’abriter du vent qui soulevait le sable dans mes yeux. À mon grand étonnement, la nourriture sur les rangées s’y trouvait encore. Je me fis un petit feu, je me pris une casserole dans l’une des rangées et je me fis bouillir de l’eau.

Pour m’apaiser, je pris un contenant sur l’étalage et je me fis un café. Soudain, je me dis que s’il y avait espoir que tout redevienne comme avant, je devais retourner m’asseoir à l’endroit même où j’étais lorsque le monde avait basculé.

Rendu à la terrasse, je déposai mon café instantané sur la table et me mit à divaguer sur ce qui avait bien pu se produire. Je ne sais pas combien de temps je suis resté là à lire au café, mais j’ai lu assez longtemps pour que la civilisation se passe.

Répondre

Choisissez une méthode de connexion pour poster votre commentaire:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :