Au détour d’une rue

Il est toujours agréable de trouver par hasard, au détour d’une rue dans une ville inconnue, une place ancienne, pavée de briques, qui n’est accessible qu’aux piétons. On y voit une vie locale à la fois typique et unique au quartier.

Ce jour-là, en ce bel après-midi d’été, c’est ce qui s’est produit. Je me suis retrouvé sur cette rue inconnue où j’y ai trouvé le plus magnifique des cafés. Je n’ai pu résister à m’y asseoir pour essayer la vue.

Je choisis minutieusement une table me permettant de voir à la fois les autres gens sur la terrasse et la vue du quartier. Je commandai un café au serveur et j’en profitai pour observer autour de moi. Des appartements, des gens qui viennent et qui vont, suivant un itinéraire qu’eux seuls connaissent.

Puis, mes yeux se posèrent sur cette dame, immobile au milieu de la rue. Elle me fixait du regard. Le contact avec son regard eut l’effet d’une puissante décharge dans tout mon corps, j’en fus ensorcelé. Elle inspirait à la fois douceur et mystère. Puis, l’émotion me fit détourner le regard un instant.

Lorsque je fixai à nouveau dans cette direction, elle avait disparue. Mon état d’allégresse fut alors remplacé brutalement par une totale déroute. Je cherchai du regard tout autour, elle n’était plus en vue. Je me levé de ma chaise, prêt à bondir pour partir à sa recherche. C’est alors que je constatai que, par l’ensorcèlement de son regard, je n’avais remarqué aucun de ses traits. Comment alors la retrouver?

Je retombai sur ma chaise, pris d’un profond désespoir. J’eus alors le réflexe de sortir mon calepin et d’y inscrire quelques mots. Peut-être pour tenter d’immortaliser l’effet qu’elle avait eu sur moi. Peut-être pour y jeter les derniers mots d’une vie mutilée par le malheur de ne plus jamais revoir cette âme qui m’avait inspiré toute la beauté du monde.

Je passai plus d’une heure à écrire sans m’arrêter. Lorsque je levai les yeux, je constatai que le jour avait fait place à la nuit. Je levai les yeux vers ce ciel étoilé de ce début de soirée qui me fit ressentir un profond sentiment de bonheur.

En baissant les yeux, j’aperçus à nouveau la dame qui avait fait chavirer mon cœur. Elle était là, vêtue d’une robe d’étoffe raffinée aux couleurs rouille. Elle me fixait sans bouger. Mais cette fois, je ne me sentais pas pris dans une tempête d’émotions. Je savais que j’allais me lever et la suivre jusqu’aux confins de ma vie. Mes dernières pensées étaient écrites et j’étais prêt à partir pour de bon.

4 Commentaires

  1. Quel romantique tu es! Fort joli texte. Je suis toujours heureuse de voir que tu tiens le fort de l’Entonnoir. Je compte bien y revenir. Chaque fois que j’y lis un texte ça m’encourage.

  2. Merci beaucoup Julie. C’est un romantisme de circonstance… Je suis toujours comblé de lire.

  3. Très beau Jean-François. D’une belle douceur et sentimental à souhait. A bientôt en novembre!

    1. Merci Denise. Au plaisir de te lire!

Votre commentaire

Choisissez une méthode de connexion pour poster votre commentaire:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :