Vers la légèreté.

Il paraît que dans la vie tout peut arriver, de petites choses, de grandes choses, qu’elles soient belles ou non, mais toujours est-il que l’humain doit s’adapter. Je croyais que mon existence allait toujours bien aller étant donné mon confort aveuglant. Il y avait quand même quelques fois où mon quotidien était chamboulé par le tourbillon des obligations, des responsabilités, des imprévus, et le monde extérieur où il existe des gens qui s’intéressent un peu trop aux autres. Il me plaît même d’utiliser un terme déjà entendu qui me fait sourire de malice pour qualifier ces derniers de : tarlas.

Un jour, me rappelant avoir déjà tous les gros bouquins et les dictionnaires du salon sur un coup de tête incompréhensible, je me retrouvai à lire par hasard sur la patate et ses vertus. Je soulignai qu’apparemment fallait-il en manger souvent car c’est bon pour la santé. « Pourquoi pas me commander une bonne poutine, après tout je le mérite! » me dis-je soudainement. Puis non, je me rappelai qu’il était trop tôt pour les livreurs. Je résolue donc de partir à la cantine moi-même pour allé chercher mon plat royal. Malgré mes jambes un peu faibles, disons même en riant, feluettes, d’avoir été inactives un bon moment, je me dirigeai vers la porte avec mes talons bruyants qui cognent toujours aussi fort malgré moi mais qui sont inoffensifs pour mon voisin sourd du dessous. Rex, le chien de l’appartement six qui jappe à perpétuité, cet animal qui se plaint de son injuste solitude, me fit me presser à sortir de l’immeuble. Et voilà que surgit l’élément déclencheur d’un changement involontaire : mon auto qui ne donne aucun signe de vie après m’être acharnée avec un espoir inutile à la faire partir. Je me dirigeai donc vers la seule issue, l’autobus, réalisant avec peine qu’il me faudrait peut-être prendre ce transport en commun tous les matins. Avec un élan fabuleux, je me rappelle avoir sauté dans le véhicule bourré de monde.

Aujourd’hui, mon auto étant à la morgue et par manque de sous pour m’en acheter une, j’accepte ma nouvelle vie. L’absence de voiture me rapproche des gens et depuis ce temps je me sens moins seule. En cachette, je ris de ceux qui déneigent, ces « pelleteux colériques » avec leurs machines à la batterie gelée. Probablement qu’à l’époque je leur ressemblais ; et bien aujourd’hui c’est comme une délivrance. Donc, malgré ma passion pour les poutines grasses, me voilà écologique, économique et davantage sereine.

2 Commentaires

  1. C’est un plaisir Roxane de te lire à nouveau! Bien amusant ton texte rempli d’images croquantes!

    1. Cela faisait bien longtemps que j’avais écrit!

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