Le ciel de novembre

Alors que ma vie court plus vite que moi, en ce matin de novembre, je décide de m’asseoir sur le banc public, de différer ce que je dois faire de ma journée et de laisser le temps passer, au rythme des nuages qui passent dans le ciel.

La douceur du relâchement s’accompagne rapidement d’une vive sensation, celle de la peau qui ressent la fraîcheur qui a traversé les vêtements, de la peau qui aimerait se fondre plus profondément à l’intérieur du corps, pour ne plus être en contact avec la paroi refroidis de l’intérieur des vêtements.

J’observe. Tout est immobile. Même le vent qui murmure n’a plus prise sur le monde, car les arbres ont perdu leurs feuilles, et plus rien ne se meut au rythme du vent.

Je fixe mon regard sur le ciel, immense, hautain. J’ai la sensation de caller dans la matière du banc, le ciel alourdi mon corps, me pousse vers le sol.

Les nuages sombres passent, à une vitesse plus grande que ce qu’on peut imaginer lorsqu’on passe notre vie sans les regarder. L’ensemble du ciel se donne à moi comme un vaste océan, facilement accessible en ne faisant que tendre le bras, un océan qui couvre la moitié du monde, juste au-dessus de ma tête.

Mon corps poursuit sa décente, s’étalant sur la surface du banc, comme un vieux manteau abandonné, qui commence à se fondre au bitume de la ruelle, avec le temps qui passe dessus et la pluie qui le modèle.

Je ne suis plus certain si j’y suis resté, mais les jours ont passé, et je ne suis plus certain où j’en suis.

Publicités

Laisser un commentaire

Choisissez une méthode de connexion pour poster votre commentaire:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :